Les 27 et 28 février, la 5e édition du salon Le Congo au féminin a rassemblé plus de 350 participantes à Brazzaville. Workshops, panels, expositions : en cinq ans, l’événement porté par Emilia Mambissa Mokengo et son cabinet Emi&Co est passé de 200 à 350 participantes et s’est ouvert aux femmes sourdes grâce à un interprète en langue des signes.
Cinq ans de croissance
Le salon Le Congo au féminin est né en 2022, porté par Emilia Mambissa Mokengo, fondatrice du cabinet Emi&Co, spécialisé en communication, marketing digital et formation. En cinq éditions, l’événement a connu une trajectoire ascendante : d’une première édition centrée sur l’entrepreneuriat et le leadership, il est passé à plus de 200 participantes lors de la 2e édition (2023), puis a élargi ses thématiques au personal branding, au e-commerce et à la résilience en 2024. La 5e édition, tenue les 27 et 28 février 2026 sous le thème « Compétences transversales : bâtir les fondations du Congo de demain », a réuni plus de 350 participantes.
« Arriver à cette cinquième année et voir plus de 350 participantes restées du matin au soir, repartir motivées et outillées, prouve que Le Congo au féminin répond à un besoin réel », a déclaré Emilia Mambissa Mokengo. La promotrice y voit la confirmation d’une demande : « On ne peut plus dire qu’il n’y a pas de modèles au Congo : elles sont là. »
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Un programme ancré dans le concret
Le programme des deux journées couvrait des compétences directement applicables : plan de carrière (Lydène Kombo), entretien d’embauche (Stéphanie Stevens), pitch (Daisy Portella), bases du financement (Annoncia Badiabio), gestion commerciale (Ika De Jong), digital et intelligence artificielle (Emilia Mambissa Mokengo).
Le second jour a élargi le spectre au leadership, à la résilience, à l’employabilité, à la légalité entrepreneuriale et à la santé mentale. Le dernier panel — « La femme est-elle l’ennemie de la femme ? » — a donné lieu à des échanges qui ont dépassé le cadre de la rivalité genrée. Une participante a résumé : « L’adversité n’a pas de genre. Ce sont nos peurs et nos insécurités en tant qu’humain qui créent des rivalités, pas notre féminité. »
L’inclusion comme marqueur de cette édition
L’innovation la plus significative de 2026 : l’intégration d’un interprète en langue des signes tout au long des panels, permettant aux femmes sourdes de suivre l’ensemble du programme. Dans un pays où l’accessibilité des événements publics aux personnes en situation de handicap est quasi inexistante, c’est un geste concret qui mérite d’être souligné — et reproduit.
Les voix de l’événement
Ika De Jong, invitée d’honneur et panéliste, a salué la capacité de l’événement à toucher des femmes habituellement invisibles dans les rendez-vous professionnels : « la force d’un événement capable de valoriser des femmes souvent oubliées, comme les mamans des marchés ».
Viviane Koubaka, récompensée du trophée Mwassi ya lokumu aux côtés de Miss Anna, incarne précisément ce pont entre le salon et le quotidien des marchés brazzavillois : « Convaincre les mamans de quitter leur commerce n’était pas facile. Mais elles ont appris comment gérer, économiser, se développer. »
Bienvenue Amboa, étudiante en 6e année de médecine et primo-participante, a décrit une prise de conscience : « Je ne savais pas que les femmes pouvaient se réunir ainsi pour s’entraider. » Du côté des exposantes, l’institut Body Care a qualifié sa participation d’« exceptionnelle, meilleure que dans d’autres salons » — signe que l’événement attire aussi un public de consommatrices.
La clôture a mêlé remise de distinctions, tombola (tablettes numériques, livres, coffrets, séances bien-être) et gâteau d’anniversaire des cinq ans. Séraphine Ekoa, entrepreneure, a été sacrée Femme inspirante — une nouvelle qui l’a touchée depuis les routes du Cameroun où elle se trouvait en déplacement.



