Le secteur africain de la technologie financière franchit une étape charnière en s’éloignant des simples transactions de paiement pour se diriger vers des services financiers plus profonds comme le crédit, l’épargne et le financement des entreprises.
Selon le nouveau rapport de Boston Consulting Group intitulé « Beyond Payments : Unlocking Africa’s Second FinTech Wave », l’Afrique représente actuellement le marché FinTech à la croissance la plus rapide au monde. Les revenus du secteur pourraient être multipliés par près de treize d’ici 2030 pour atteindre la somme impressionnante de 65 milliards de dollars. Cette expansion fulgurante a été portée jusqu’ici par le mobile money, qui domine désormais les volumes de transactions mobiles mondiaux.
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Dépasser l’inclusion de base pour une profondeur financière réelle
Bien que la première vague d’expansion ait réussi à étendre l’inclusion financière via les portefeuilles mobiles et les plateformes de paiement, la profondeur financière sur le continent reste encore limitée. Environ 40 % des adultes en Afrique subsaharienne utilisent aujourd’hui le mobile money, mais l’accès au crédit formel et aux produits financiers structurés demeure très faible. Dans de nombreux marchés, plus de la moitié des prêts sont encore contractés par des canaux informels ou semi-formels. Si des plateformes comme M-Pesa, MTN MoMo ou de nouveaux acteurs comme Wave et OPay ont démocratisé les outils financiers, la prochaine phase de croissance dépendra de la création d’infrastructures capables de soutenir la création de crédit.
L’enjeu des données de transaction et de l’interopérabilité
L’un des thèmes centraux de cette transformation est la nécessité de convertir les volumes massifs de données de transaction numériques en une véritable infrastructure de crédit. Actuellement, la faiblesse des systèmes de reporting de crédit et le manque de transparence financière restreignent encore l’accès au financement pour les PME et les prêts basés sur le risque. Pour réussir ce pari, le continent doit s’inspirer de modèles mondiaux comme le système PIX au Brésil ou l’UPI en Inde, où l’adoption massive a été portée par une conception réglementaire délibérée et une infrastructure interopérable. Une coordination étroite entre les gouvernements, les régulateurs et le secteur privé est donc essentielle pour assurer la mutation de ces systèmes vers un écosystème financier mature.
Vers une intégration régionale facilitée par la technologie
Le développement de systèmes de paiement transfrontaliers est également primordial pour soutenir le commerce régional dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Actuellement, les coûts de transaction élevés et la fragmentation des réglementations limitent encore la fluidité des flux financiers entre les différentes nations africaines. En renforçant les cadres de cybersécurité, la clarté réglementaire et la confiance des consommateurs, l’Afrique pourra transformer ses rails de paiement existants en un moteur de croissance économique à long terme capable de soutenir l’investissement et l’inclusion durable.



