Huit personnes ont été interpellées mardi dernier en flagrant délit de vol de câbles électriques sur le site du stade de la Concorde de Kintélé, dans le quartier Manianga (6e arrondissement, nord de Brazzaville). Le meneur du groupe, Mandzanga Mangabou, a déclaré que les suspects, qui travaillent sur le site, n’avaient pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois.
Huit individus ont été arrêtés en flagrant délit sur le site du stade de la Concorde de Kintélé, dans le quartier Manianga du 6e arrondissement de Brazzaville. Le groupe, mené par Mandzanga Mangabou, a été interpellé par les éléments de la police nationale, mobilisés depuis plusieurs semaines face à la recrudescence de ces actes sur ce site.
Selon la police, les suspects avaient une parfaite connaissance des lieux — plusieurs d’entre eux ont reconnu y travailler. Ils ciblaient les installations électriques pour en extraire le cuivre, revendu sur le marché parallèle, principalement aux fabricants de parures.
Le matériel saisi illustre le caractère méthodique de l’opération : machettes, sécateurs, couteaux, scies à métaux et massettes. Cet outillage servait à couper les câbles puis à dénuder les gaines pour en extraire le cuivre.
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La déclaration du suspect principal
Mandzanga Mangabou a donné une explication directe : « Nous travaillons sur le site mais depuis plusieurs mois, nos salaires ne sont pas versés et nous avons eu la mauvaise idée de voler les câbles pour y retirer du cuivre qu’on allait vendre pour subvenir aux charges de nos foyers respectifs. »
Une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices, notamment les acheteurs du cuivre volé.
Le pillage de câbles : un symptôme, pas un fait divers isolé. Le vol de câbles électriques en cuivre est un phénomène récurrent à Brazzaville et dans de nombreuses villes africaines. Il est directement lié à la valeur marchande du cuivre. Les conséquences sont concrètes : des quartiers entiers plongés dans l’obscurité, des risques d’électrocution pour les voleurs et les riverains, et la dégradation des infrastructures publiques.
La filière de revente du cuivre. Le cuivre est vendu « principalement aux fabricants de parures ». Cette filière de revente — des voleurs aux intermédiaires jusqu’aux artisans — constitue un marché parallèle structuré. L’enquête annoncée devrait logiquement remonter cette chaîne. Sans action sur la demande (les acheteurs), l’arrestation des voleurs ne résoudra pas le problème.



