En ce jeudi 12 mars, de Brazzaville à Kintelé, les hommes en uniforme ont accompli leur devoir civique dans un calme olympien. Sous l’œil vigilant du président de la Cour constitutionnelle, Auguste Iloki, ce vote par anticipation pose les jalons d’un scrutin transparent et sécurisé.
Le ton est donné. À 72 heures du suffrage universel, les militaires, policiers et gendarmes congolais ont ouvert le bal électoral. Ce jeudi, les 27 centres de vote de Brazzaville, abritant 80 bureaux de vote, ont été le théâtre d’une mobilisation fluide et disciplinée. Une opération scrutée de près par la Cour constitutionnelle, garante de la sincérité du vote.
Une organisation saluée pour son efficacité
De la mairie centrale au stade de la Concorde à Kintelé, le constat est unanime : la logistique est au rendez-vous. Pour de nombreux présidents de bureaux de vote, à l’instar de celui de la mairie de Brazzaville, cette élection marque un tournant par sa sérénité : « Toutes les conditions sont réunies, il n’y a pas de bousculade, tout le monde est au travail ».
L’affluence matinale a été telle que dans certains centres, comme au complexe scolaire André-Daves (Djiri) ou au lycée Nganga-Edouard, les opérations de vote étaient quasi achevées dès 11 heures. Ce dynamisme témoigne de l’engagement des forces de l’ordre à remplir leur devoir citoyen avant de se consacrer, dimanche prochain, à leur mission régalienne de sécurisation du pays.
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Le rôle crucial de la Cour constitutionnelle
La présence sur le terrain d’Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, souligne l’importance juridique de cette journée. En vertu de l’article 176 de la Constitution de 2015, la Cour est le « juge de paix » de l’élection présidentielle. Auguste Iloki a personnellement supervisé la régularité du scrutin dans plusieurs sites stratégiques, du lycée technique 5-février à l’école 31-juillet à Mpila.
Le déploiement de coordonnateurs et de délégués sur toute l’étendue du territoire national, conformément à la loi organique de 2018, vise à assurer la validité et la crédibilité de chaque bulletin déposé. « Nous veillons à la régularité, à la crédibilité et à la sincérité de l’élection », rappellent les délégués présents dans les centres
Si l’organisation technique est irréprochable, un constat surprend les observateurs : la faible représentation des candidats dans les bureaux de vote. Dans la vingtaine de centres visités par la Cour, peu de délégués de l’opposition ou même de la majorité étaient présents pour superviser le déroulement. Une absence qui n’a toutefois pas entaché la régularité des opérations, menées sous le contrôle strict des membres des bureaux et des observateurs de la Cour.
Conclusion d’une journée réussie
À l’heure où les bureaux referment leurs portes, l’impression générale est celle d’un succès organisationnel. Pour Bergilles Mouanda-Mouanda, président du bureau de vote à l’Académie Nganda-Clémentine, le calme et la sécurité ont été les maîtres-mots de cette journée.
Ce vote par anticipation réussit son pari : libérer la Force publique pour le 15 mars tout en offrant un premier test grandeur nature de la maturité démocratique du Congo. La nation regarde désormais vers dimanche, forte de l’exemple de discipline donné aujourd’hui par ses casernes.



