Le bilan 2025 de la lutte contre la délinquance faunique révèle une offensive sans précédent. Grâce à une coopération inter-institutionnelle musclée, treize trafiquants ont été neutralisés, marquant une victoire cruciale pour la survie des espèces intégralement protégées.
Le verdict est tombé lors de la présentation du rapport bilanciel 2025 à Brazzaville. Les services de la gendarmerie nationale, les agents du ministère de l’Économie forestière et les experts techniques du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage (PALF) ont dévoilé les résultats d’une année de traque intense contre les prédateurs de notre biodiversité.
Un démantèlement méthodique des réseaux
L’année 2025 a été marquée par sept opérations de grande envergure menées sur l’ensemble du territoire national. Ces interventions chirurgicales ont permis l’interpellation de treize trafiquants pris en flagrant délit de détention, de circulation et de tentative de commercialisation de trophées d’espèces protégées.
L’arsenal juridique congolais, porté par la loi 37-2008 du 28 novembre 2008, a été appliqué avec une fermeté exemplaire. Sur les treize individus arrêtés, tous ont été placés en détention. La justice, pilier de cette lutte, a déjà prononcé quatre condamnations à la prison ferme pour les dossiers de l’année. À ce bilan s’ajoute la condamnation de six autres délinquants pour des affaires remontant à 2023 et 2024, confirmant que la machine judiciaire ne laisse aucun répit aux trafiquants.
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Le butin de la honte et un espoir de vie
Les saisies effectuées témoignent de la violence du trafic : des quantités importantes d’ivoire d’éléphant, des peaux de panthère et des écailles de pangolin géant ont été retirées du circuit illégal. Mais au milieu de ces trophées inertes, une lueur d’espoir a émergé : un bébé chimpanzé vivant a été sauvé des mains d’un trafiquant. Cet acte symbolise l’urgence de l’intervention humaine face à la diminution drastique des grands primates et des pachydermes à travers le monde.
Une loi inflexible pour un patrimoine en danger
La République du Congo, consciente de la fragilité de sa faune, rappelle par ces actions que nul n’est censé ignorer l’article 27 de la loi n°37-2008. Ce texte proscrit strictement l’importation, l’exportation, la détention et le transit des espèces intégralement protégées ou de leurs trophées.
L’engagement des médias, qui ont largement relayé ces arrestations et condamnations, joue un rôle dissuasif capital. En exposant les sanctions encourues, la presse nationale s’érige en rempart éducatif contre la criminalité faunique. Pour le Congo, protéger l’éléphant, la panthère ou le chimpanzé n’est plus une option, mais un impératif de souveraineté environnementale.



