L’école congolaise s’apprête à franchir une étape majeure vers la modernité. À l’issue d’une formation intensive clôturée le 21 mars dans la capitale, l’Unesco a exprimé sa volonté d’introduire officiellement le codage graphique dans les programmes scolaires nationaux. Cette initiative, menée en partenariat avec le gouvernement, vise à transformer le potentiel créatif de la jeunesse en levier de développement technologique.
Une immersion technologique réussie pour la jeunesse
La clôture de l’atelier sur le codage graphique et l’Intelligence Artificielle (IA) a marqué les esprits par la qualité des travaux présentés par les élèves de deux lycées pilotes. Brice Olivier Kamwa Ndjatang, représentant adjoint de l’Unesco au Congo, a souligné la nécessité de faire de cette discipline un pilier du cursus de formation. Pour l’institution onusienne, l’objectif est clair : promouvoir un futur numérique où chaque élève dispose des clés pour comprendre et influencer son environnement technologique. Le codage graphique, souvent basé sur une logique visuelle simplifiée, permet d’apprendre la programmation sans la barrière ardue de la syntaxe textuelle complexe.
Cette expertise sera bientôt étendue à dix établissements pilotes sélectionnés à travers le pays. L’engagement de l’Unesco se traduira par une collaboration étroite avec les ministères de l’Enseignement technique et général afin d’accompagner durablement les enseignants et les apprenants dans cet exercice. Le potentiel démontré par les élèves lors de cette session de deux jours confirme que le talent est présent et n’attend qu’un cadre structuré pour s’épanouir.
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Des solutions locales pour des défis existentiels
La restitution des travaux a mis en lumière des projets de société innovants conçus intégralement par les élèves. Parmi les réalisations marquantes, la plateforme digitale « Kossolola » se distingue par son ambition de valoriser les langues maternelles du pays via la technologie. D’autres groupes ont exploré des thématiques vitales comme la sécurité alimentaire, l’innovation en milieu hospitalier avec le projet « Nero Nova », ou encore le divertissement éducatif à travers le jeu vidéo « Choisi ton courage ». Ces initiatives prouvent que la maîtrise du code permet à la jeunesse de traduire son imagination en solutions concrètes pour répondre aux problèmes quotidiens.
La reconnaissance de ce travail dépassera les frontières nationales puisque certains élèves auront le privilège de représenter la République du Congo lors d’un forum prévu à Paris. Ce voyage en France sera l’occasion de restituer leurs travaux devant une audience internationale et de confronter leurs idées aux standards mondiaux de l’éducation numérique.
Une expansion prévue vers l’intérieur du pays
La dynamique engagée à Brazzaville ne restera pas isolée. David Boke, inspecteur général de l’Enseignement, a confirmé la volonté des autorités de décentraliser cette formation. Les départements de Pointe-Noire et du Niari, ainsi que la Cuvette avec les localités d’Oyo et d’Owando, figurent déjà sur la feuille de route pour accueillir les prochaines sessions au sein des établissements pilotes.
L’objectif à long terme est de pérenniser cette connaissance au-delà de l’enceinte scolaire. Les encadreurs ont exhorté les élèves à devenir des ambassadeurs du numérique dans leur entourage et leurs quartiers. En collaboration avec une plateforme chinoise spécialisée dans l’éducation au codage en ligne, le Congo-Brazzaville dessine les contours d’un système éducatif capable de former les architectes du monde de demain.



