Couverture médiatique de la présidentielle : le régulateur rappelle les obligations d’égalité et interdit les contenus manipulés par IA
Ce que le CSLC exige des médias
Le cadre posé par le CSLC repose sur trois principes : pluralisme, égalité et impartialité dans le traitement de l’actualité électorale. Pendant la campagne, les médias — radio, télévision, presse écrite et médias en ligne — doivent informer le public « de manière complète, honnête et responsable » sur le processus électoral, les forces en présence, les enjeux du scrutin et les modalités du vote.
Le principe d’égalité implique un temps d’antenne équivalent entre candidats, un espace rédactionnel équilibré et des conditions de diffusion identiques pour des formats comparables. Les commentaires et analyses ne doivent pas déformer le sens des propos rapportés, les extraits diffusés ne doivent pas dénaturer le message initial, et les tranches horaires des émissions de campagne doivent être réparties de manière équilibrée, y compris aux heures de grande écoute.
Ce que le CSLC interdit
Médard Milandou Nsonga a détaillé une liste d’interdictions applicables pendant la campagne et le scrutin. Les médias doivent s’abstenir de :
— diffuser des informations de nature à porter atteinte à la paix, à l’unité nationale ou à la cohésion sociale ; — publier des informations dont l’origine, la véracité et l’exactitude ne sont pas établies ; — relayer des contenus manipulés, y compris par l’intelligence artificielle, à des fins de tromperie — une mention nouvelle qui prend en compte l’évolution des outils de désinformation ; — diffuser des propos diffamatoires, mensongers, injurieux ou incitant à la haine, à la division ou aux troubles à l’ordre public ; — diffuser en direct des manifestations de campagne électorale ; — diffuser des archives ou montages altérant le sens initial des documents ; — publier, diffuser ou commenter des sondages pendant la semaine précédant l’élection et pendant le scrutin ; — diffuser toute propagande électorale en dehors des programmes autorisés, y compris à travers des animations libres ou des chansons ; — diffuser toute propagande ou campagne électorale déguisée vingt-quatre heures avant le jour du scrutin.
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Qui est le CSLC
Le Conseil supérieur de la liberté de communication est l’autorité administrative de régulation des médias en République du Congo, créée par la loi organique n°4-2003 du 18 janvier 2003. Il a pour missions de garantir le libre accès à l’information, d’assurer le suivi des médias, de promouvoir le respect des normes professionnelles et de veiller à la non-diffusion d’informations portant atteinte à la paix et à l’unité nationale. Il dispose d’un pouvoir de sanction, pouvant infliger des sanctions financières et retirer des autorisations d’exercice aux entreprises de presse.
Médard Milandou Nsonga a été nommé président du CSLC par décret présidentiel n°2025-340 du 7 août 2025, en remplacement de Philippe Mvouo qui a dirigé l’institution pendant treize ans. Le collège complet du CSLC avait été renouvelé par décret du 13 mai 2025. Le bureau est complété par le vice-président Jean Obambi et le secrétaire-comptable Jérôme-Patrick Mavoungou, choisis par consensus le 19 août 2025.
Ce que le CSLC avait déjà fait
Avant cette rencontre avec les médias, le président du CSLC avait entrepris une série de consultations en amont de la présidentielle. Le 3 novembre 2025, il avait été reçu par le président du Sénat, Pierre Ngolo (secrétaire général du PCT), pour discuter de la coopération entre les deux institutions en vue du scrutin. Le 3 février 2026, il avait rencontré les dirigeants d’une quinzaine de partis de l’opposition politique congolaise (OPC) au siège de l’UPADS à Makélékélé.



