À Owando, le candidat Denis Sassou N’Guesso a reçu l’onction de la Cuvette. Entre ferveur mystique, pacte social avec les femmes et promesse d’industrialisation, le « match » semble déjà plié.
L’accueil du « Bâtisseur Infatigable »
C’est dans une liesse indescriptible que la ville d’Owando a accueilli, ce dimanche 8 mars, celui que les foules appellent le « Bâtisseur Infatigable » et le « Grand Timonier ». L’allégresse populaire a marqué l’arrivée de Denis Sassou N’Guesso, accueilli comme « l’homme des masses » et « l’homme des actions concrètes » par une population debout comme un seul homme. Pour les organisateurs, ce rassemblement revêtait une dimension quasi sacrée : un dimanche, jour de résurrection, doublé de la Journée internationale des droits des femmes, plaçant ce « méga meeting » sous ce qu’ils ont qualifié d’« onction du Saint-Esprit »
L’effervescence qui a saisi Owando lors de ce rassemblement témoigne d’une ferveur populaire rarement égalée, transformant le chef-lieu de la Cuvette en un épicentre de liesse et d’allégresse collective. Dès l’annonce de l’arrivée du « bâtisseur infatigable », la foule s’est levée comme un seul homme, saluant le « grand timonier » par des applaudissements nourris et prolongés qui ont fait vibrer l’assemblée. L’ambiance, décrite comme étant sous « l’onction du Saint-Esprit » en raison de ce dimanche de célébration coïncidant avec la Journée internationale des droits des femmes, était rythmée par des slogans percutants tels que « Oh yeah ! » et « Victoire la cuvette ! ». Entre les chants de la Majorité Présidentielle et les acclamations pour « l’homme des actions concrètes », le meeting a pris l’allure d’une communion totale, où la fidélité de la terre de rigueur s’est exprimée dans un vacarme de joie et de détermination.
La sagesse de l’expérience face à l’amateurisme
Le ton de la rencontre a été donné par une métaphore puisée dans la sagesse du doyen Charles David Gadao : « Lorsqu’on est invité à une fête, mieux vaut mettre à ses pieds la vieille chaussure que la nouvelle, car on est sûr de marcher aisément avec la vieille ». Ce rappel visait à souligner qu’en pleine navigation sur le « fleuve Congo », il serait périlleux de confier le gouvernail à un « amateur ». Pour les forces vives de la Cuvette, Denis Sassou N’Guesso est ce « jockey » expérimenté qu’il ne faut pas changer, l’homme capable de mener le navire Congo à bon port.
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La jeunesse célèbre son « Paraclet »
Prenant la parole au nom de la jeunesse, Chard Asunga Lekaka a qualifié le président-candidat de « Paraclet », le remerciant d’avoir fait des jeunes non plus des spectateurs, mais les « acteurs principaux » du destin national. Le bilan des réformes a été longuement salué :
- Éducation et Savoir : L’Université Denis Sassou N’Guesso de Kintélé, la modernisation de l’Université Marien Ngouabi, et la construction des universités de Loango et de la Cuvette.
- Excellence : L’ouverture des lycées d’excellence de Mbounda et d’Oyo, ainsi que la rénovation de l’emblématique « École des trois présidents ».
- Autonomie : Le financement des start-ups via le FIGA et le déploiement des Zones Agricoles Protégées (ZAP).
Pour cette jeunesse, les années 2024-2025 sont celles de la « dignité retrouvée », ouvrant la voie à une « grande révolution agricole » dont ils seront les fers de lance.
Le « Pacte Social » des femmes et l’appel à l’industrie
La présence féminine a été l’autre pilier de ce meeting. Alfonsine Ekoma Atta et la ministre Inès Nefer Ingani ont rappelé que le combat pour la parité est un « pari déjà gagné » grâce à l’engagement du Chef de l’État. Un « Pacte Social » a été officiellement remis au candidat, fondé sur la justice sociale, l’égalité des chances et la redevabilité mutuelle.
L’un des moments forts a été le « cri de cœur post-électoral » lancé par Gilbert Ondongo, au nom des populations : l’exigence d’une industrialisation accélérée dès avril 2026. La Cuvette ambitionne de devenir un pôle industriel majeur, basé sur la transformation locale du cacao, du café, du palmier à huile et du soja, afin de créer des milliers d’emplois pour les jeunes.
La vision du candidat : Paix, Sécurité et Modernité
Avant son allocution, Denis Sassou N’Guesso a exigé un silence complet pour honorer la mémoire d’un « combattant de première ligne », Firmin Ayessa (cité comme Firmin Aestra), disparu il y a vingt jours. Le candidat a ensuite recentré son discours sur la « Kimia » (paix) et la sécurité, piliers indispensables au développement.
Comparant le Congo à des géants comme l’Italie, le Vietnam ou la Côte d’Ivoire, il a rappelé que malgré une population de seulement 6 millions d’habitants, le potentiel de croissance est immense. Sa stratégie repose sur la « mécanisation agricole » — « il faut être dans le tracteur », a-t-il martelé — et le renforcement des infrastructures de santé avec les hôpitaux généraux modernes. Pour les partisans présents, l’issue ne fait aucun doute : un vote à « 100 % » et un « coup K.O. » dès le 15 mars pour « accélérer la marche vers le développement ».



