Le groupe Genesis-Santé a mobilisé les femmes de l’administration publique à Brazzaville pour une session de sensibilisation cruciale sur le dépistage précoce du cancer du sein, un défi majeur.
Une mobilisation scientifique au service de la santé maternelle
Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, alors que les échos des célébrations du 8 mars résonnaient encore dans la capitale, le groupe Genesis-Santé a choisi de transformer la symbolique en action concrète. C’est dans ce cadre qu’une séance de sensibilisation d’envergure, dédiée à la lutte contre le cancer du sein, a été organisée à Brazzaville le 9 mars 2026. Cette initiative, loin d’être une simple rencontre protocolaire, s’est imposée comme un forum de santé publique nécessaire, animé par l’une des figures de proue de l’oncologie nationale : le Professeur Alexis Fortuné Bolenga Liboko.
Oncologue médical au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville et enseignant à l’Université Marien-Ngouabi, le Pr Bolenga a apporté à cette séance l’autorité scientifique indispensable pour traiter d’une pathologie qui demeure, aujourd’hui encore, un enjeu de santé publique critique en République du Congo. En collaboration avec la Société congolaise de radiologie et d’imagerie médicale (Socorim), sous l’égide du Pr Régis Franck Moyikoua, Genesis-Santé a ciblé un public spécifique : les femmes de la direction générale des comptes publics et du patrimoine. L’objectif était double : lever le voile sur les réalités médicales de la maladie et instaurer une véritable culture de la prévention proactive au sein de l’administration publique.
Le dépistage précoce : le seul rempart efficace
Au cœur de la communication du Pr Bolenga réside une vérité médicale implacable : le temps est l’allié ou l’ennemi du patient. Présentant les différents aspects de la maladie, l’expert a insisté sur le fait que le cancer du sein peut être guéri dans de nombreux cas, à la condition sine qua non d’une détection précoce. « C’est pourquoi il est essentiel que les femmes apprennent à connaître leur corps, pratiquent régulièrement l’autopalpation et consultent un professionnel de santé au moindre signe suspect », a-t-il martelé devant une assemblée attentive.
Le diagnostic au Congo souffre trop souvent d’un retard structurel et culturel. De nombreux cas sont encore identifiés à un stade avancé, ce qui réduit drastiquement les chances de guérison et complexifie lourdement la prise en charge thérapeutique. Cette situation est le fruit d’un triptyque délétère : le manque d’information, la peur irrationnelle du diagnostic et l’insuffisance du réflexe de dépistage précoce. Pour le Pr Bolenga, il est impératif d’inverser cette tendance en encourageant les consultations régulières et en identifiant sans délai les signes d’alerte.
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Facteurs de risque et responsabilisation individuelle
La pédagogie déployée lors de cette séance a permis de détailler les facteurs de risque, souvent méconnus du grand public. L’âge, les antécédents familiaux, les déséquilibres hormonaux ainsi que le mode de vie ont été cités comme autant de variables influençant l’apparition de la pathologie. En apportant ces précisions, les organisateurs ont souhaité responsabiliser chaque femme, la plaçant au centre de sa propre stratégie de santé.
Sephora Bernadette Pangoud, ingénieur en imagerie médicale et directrice technique et commerciale à Genesis-Santé, a renforcé ce message lors de l’ouverture des échanges. Elle a rappelé avec force que le dépistage constitue la clé de voûte de l’efficacité des traitements. « Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire une grande différence ensemble en informant, en sensibilisant et en encourageant toutes les femmes à prendre leur santé en main », a-t-elle lancé, soulignant l’engagement du secteur privé à soutenir les efforts nationaux de santé publique.
Vers une rupture avec les tabous sociétaux
L’un des moments forts de cette rencontre a été l’échange direct et nourri entre l’expert et les participantes. Les questions posées — portant sur les symptômes, les méthodes de dépistage ou la prise en charge — ont révélé une soif de connaissances et, surtout, une volonté de briser les tabous qui entourent encore le cancer au sein de la société congolaise. Pour beaucoup de femmes présentes, cette initiative a permis de démystifier la maladie et de comprendre que le silence est plus dangereux que le diagnostic.
L’accompagnement digne et accessible, mentionné par Sephora Bernadette Pangoud au terme de la séance, apparaît comme le prochain défi majeur. Au-delà de la sensibilisation, c’est tout le parcours de soin, de l’imagerie médicale de pointe à l’oncologie clinique, qui doit être renforcé. La collaboration entre Genesis-Santé et la Socorim illustre parfaitement cette synergie nécessaire entre les professionnels de l’imagerie et les cliniciens pour offrir aux femmes congolaises une riposte cohérente face au cancer.
Faire de la prévention un acte civique
En République du Congo, le cancer du sein demeure l’une des tumeurs les plus fréquentes chez la femme. La campagne menée par Genesis-Santé marque un jalon important dans la lutte contre cette pathologie. En invitant les femmes à devenir actrices de leur santé, les professionnels de santé engagés dans cette démarche espèrent transformer durablement le paysage épidémiologique du pays.
L’appel est donc lancé : la prévention ne doit plus être une option, mais un acte de responsabilité individuelle et collective. En brisant les barrières de l’ignorance et de la peur, Brazzaville trace la voie vers une réduction significative de la mortalité liée au cancer du sein, prouvant que l’information reste, encore et toujours, le premier des médicaments.



