À l’approche du scrutin historique du 15 mars, Brazzaville a franchi une étape décisive pour la protection du débat démocratique. Le 9 mars dernier, une coalition institutionnelle inédite entre le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), l’ARPCE et la CNEI a réuni journalistes et chargés de communication des candidats pour une formation de haut niveau sur l’usage responsable des réseaux sociaux. En présence d’experts mondiaux de Meta et TikTok, l’objectif était clair : garantir une élection transparente, apaisée et protégée des manipulations digitales.
Une alliance institutionnelle stratégique pour l’intégrité du scrutin
La tenue de cette session de formation à l’Immeuble de l’ARPCE n’est pas fortuite. Elle symbolise la convergence de trois piliers de l’État congolais autour d’un défi commun : la maîtrise de l’espace public numérique. Sous les auspices de Médard Milandou, président du CSLC, l’initiative a bénéficié de l’appui technique de l’Agence de Régulation des Postes et Communication Electroniques (ARPCE) et de la caution institutionnelle de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CNEI).
Cette synergie, comme l’a souligné Serge Madzela, représentant du DG de l’ARPCE, témoigne de l’importance que les institutions accordent aux enjeux numériques. Il ne s’agit plus seulement de réguler des ondes ou du papier, mais de préserver l’égalité électorale dans un monde hyper-connecté. Cette « universalité dans l’engagement » est le gage d’une réponse coordonnée face aux risques de dérives en période électorale.
Meta et TikTok au cœur du dispositif de formation
L’originalité de cette rencontre réside dans la participation directe, en présentiel et en visioconférence, des experts des plateformes mondiales Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) et TikTok. Pour les journalistes et les responsables de communication des partis politiques, cet échange a permis d’accéder à des outils pratiques et des informations essentielles pour une utilisation éthique des réseaux sociaux.
Défendre la liberté de communication en 2026 implique de maîtriser ces outils pour contrer la désinformation et la manipulation. En formant les acteurs de l’écosystème électoral à la réalité des algorithmes et aux règles de modération de ces géants du web, le CSLC s’assure que les conditions d’un exercice éclairé de la liberté d’expression sont réunies.
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« Être libre, mais responsable » : la nouvelle philosophie électorale
Au-delà de la technique, la formation a martelé un principe fondamental du journalisme et de la communication démocratique : la responsabilité. Médard Milandou a rappelé avec solennité que si le CSLC est le garant de la liberté de communication, cette liberté ne doit pas être dévoyée pour altérer le débat public. La maîtrise du numérique devient ainsi une condition de la survie de la vérité en période de campagne.
Le message adressé aux professionnels des médias et aux communicants des candidats est sans équivoque : chaque publication, chaque tweet ou chaque vidéo TikTok doit être empreint de conscience professionnelle. Cette formation ne visait pas à restreindre la parole, mais à donner aux acteurs la « force d’agir avec compétence » pour couvrir l’événement majeur du mois, l’élection du Président de la République.
Vers un scrutin apaisé et numériquement souverain
En clôturant les travaux, le président du CSLC a exprimé son espoir de voir ces nouvelles compétences portées dans les rédactions et les états-majors politiques. À quelques jours du 15 mars, le Congo se dote ainsi d’une expertise capable de filtrer le dossier électoral de ses impuretés digitales.
Cette initiative transcende le cadre de la simple régulation médiatique pour toucher au cœur même du processus démocratique. En outillant les communicateurs contre la dissipation des faits, les institutions congolaises garantissent que le choix souverain du peuple ne sera pas entaché par les bruits de l’espace numérique, mais guidé par une information responsable et vérifiée.



