Dans le cadre du renforcement de la sécurité alimentaire et de la modernisation agricole, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a remis, ce 19 mars 2026, un important lot de matériel de laboratoire à l’Institut National de Recherche Agronomique (IRA). D’une valeur de plus de 82 000 dollars, cet équipement est spécifiquement destiné à la production de vitro-plants de manioc, une étape cruciale pour garantir des récoltes saines et performantes à travers tout le pays.
Un investissement technologique pour la recherche agronomique
Le don réceptionné par le directeur général de l’IRA, M. Auguste Emmanuel Issali, marque une étape décisive dans la montée en puissance de l’expertise scientifique nationale. Le lot de matériel, d’une valeur précise de 82 000 dollars, comprend des tubes de culture avec bouchons, des portoirs, des lames en inox, ainsi que des réactifs chimiques et des stérilisateurs accompagnés de leurs accessoires. Ces outils permettront aux chercheurs congolais de travailler dans des conditions optimales pour la sélection et la multiplication des variétés de manioc.
Pour Mme Ricarda Mondry, représentante de la FAO au Congo, ce geste ne se limite pas à une simple dotation matérielle. Il illustre la confiance de l’institution onusienne envers les compétences techniques de l’IRA, seule structure nationale capable d’assurer la production de vitro-plants à une échelle industrielle. Cet appui s’inscrit directement dans l’initiative mondiale « Un pays, un produit » (One Country, One Priority Product), qui place le manioc au sommet des priorités stratégiques de la République du Congo.
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Le manioc, pilier de la stratégie nationale de développement
Le manioc occupe une place prépondérante dans le système alimentaire congolais, servant à la fois d’aliment de base pour la population et de source de revenus majeure pour les petits producteurs. Le gouvernement a d’ailleurs intégré cette filière comme axe central du Plan National de Développement (PND) 2022-2026. L’objectif est de transformer cette culture de subsistance en un véritable produit industriel capable d’alimenter les Zones Agricoles Protégées (ZAP).
L’enjeu est également sanitaire. La recrudescence de maladies dévastatrices comme la mosaïque du manioc menace régulièrement la productivité des champs. La représentante de la FAO a rappelé que la réussite agricole commence impérativement en laboratoire : sans un matériel végétal de départ sain et résistant, aucun développement durable de la filière n’est possible. La production de vitro-plants permet justement de « nettoyer » les variétés des virus et de fournir aux agriculteurs des boutures de haute qualité.
Vers une production de 50 000 vitro-plants certifiés
Ce protocole d’accord entre l’IRA et la FAO vise un objectif concret : l’assainissement et la production de 50 000 vitro-plants à partir de cinq variétés spécifiques, particulièrement prisées par les producteurs et adaptées aux conditions agro-écologiques des différentes ZAP du pays. Ces plants serviront ensuite de base pour alimenter les « parcs à bois », ces pépinières géantes qui distribuent les boutures aux exploitants agricoles.
Le directeur général de l’IRA a souligné que son institution est prête à relever ce défi. Grâce au centre de développement des techniques agricoles, ces 50 000 premiers plants feront l’objet d’un suivi rigoureux avant d’être mis à disposition des partenaires de terrain. Cette collaboration étroite entre la recherche scientifique et la production opérationnelle promet de booster significativement les rendements et de renforcer la résilience de l’agriculture congolaise face aux aléas climatiques et biologiques.



