Au cœur du tumulte urbain de la capitale congolaise, un sanctuaire de verdure entame sa mue. La réserve forestière de la Patte d’Oie, véritable héritage de 1938, ne se contente plus d’être une simple enclave de biodiversité. À l’occasion de la Journée internationale des forêts, le 21 mars 2026, une offensive gouvernementale a été lancée pour transformer ce site historique en un modèle d’écotourisme urbain, alliant protection de la nature et dynamisme économique.
Une cure de jouvence pour la biodiversité urbaine
L’importance stratégique de ce massif forestier n’est plus à démontrer pour les habitants de Brazzaville. En tant que régulateur thermique et producteur d’oxygène, la Patte d’Oie constitue une barrière vitale contre la chaleur croissante de la métropole. Sous la direction du ministère de l’Économie forestière, une opération de reboisement d’envergure a mobilisé des techniciens et des cadres de l’État pour enrichir ce patrimoine. Au total, 800 plants d’acacias, spécifiquement des essences Acacia auriculiformis et Acacia mangium, ont été mis en terre sur une superficie d’un demi-hectare. Ce choix d’essences n’est pas fortuit ; il vise une croissance rapide pour restaurer la canopée et renforcer la structure forestière de la zone.
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Aménagement et recherche : vers une forêt accessible
L’ambition actuelle dépasse la simple plantation. Le traçage et le nettoyage de layons (sentiers de circulation) constituent la pierre angulaire d’une nouvelle stratégie de gestion. Pour les autorités, il s’agit de permettre à la population et aux chercheurs de se mouvoir facilement au sein de la réserve sans dénaturer l’équilibre fragile de l’écosystème. Comme l’ont souligné les responsables du Centre national d’inventaire et d’aménagement (CNIAF), ces aménagements visent à faciliter l’inventaire des espèces et à encourager la découverte de la faune locale. Le but est d’offrir un cadre où la science et la promenade citoyenne se rejoignent, transformant la forêt en un laboratoire à ciel ouvert.
« Aujourd’hui, nous ne sommes pas venus dénaturer la zone existante, mais nous sommes venus apporter un plus pour permettre à la population de se mouvoir normalement, facilement et de visiter la biodiversité qui s’y trouve », a déclaré Carine Saturnine Milandou, directrice générale du CNIAF.
L’économie verte au service du développement local
Le thème de l’édition 2026, « Forêts et économies », trouve une illustration concrète dans la gestion de la Patte d’Oie. Au-delà de sa fonction écologique, la réserve devient un moteur de l’écotourisme urbain. Cette valorisation est perçue comme un gisement d’emplois pour la jeunesse brazzavilloise, qu’il s’agisse de guides spécialisés, de services touristiques de proximité ou de personnel de maintenance environnementale. L’engagement renouvelé de l’État, soutenu par des programmes comme le Pronar (Programme national d’afforestation), démontre une volonté claire de faire de la gestion durable une source de richesse tangible.
En protégeant cet espace, la République du Congo réaffirme son rôle de pionnier dans la préservation des ressources forestières en milieu urbain. La Patte d’Oie ne se contente plus de respirer pour la ville ; elle s’ouvre désormais à elle, invitant chaque citoyen à devenir le gardien d’un trésor commun qui conjugue désormais héritage du passé et vision d’avenir.



