Près d’un an après sa promulgation par le Chef de l’État, la loi n° 18-2025 du 25 juillet 2025 portant protection et promotion des droits de la personne vivant avec handicap entre dans une phase cruciale de vulgarisation. Le 21 mars 2026, l’Association Jhony-Chancel pour les albinos (AJCA) a réuni autorités, diplomates et membres de la société civile pour une session intensive d’appropriation de ce texte. Entre rigueur juridique et solutions sanitaires concrètes, cet événement marque un tournant dans la lutte contre la stigmatisation et pour l’inclusion réelle des personnes atteintes d’albinisme en République du Congo.
Un bouclier juridique contre l’exclusion et la stigmatisation
La loi n° 18-2025 constitue une révolution pour l’arsenal juridique national, définissant dans son premier article l’objectif de garantir la pleine et égale jouissance de tous les droits humains aux personnes vivant avec handicap. Le texte ne se contente pas de principes abstraits ; il encadre des droits citoyens fondamentaux comme la participation à la vie politique. En vertu de l’article 16, tout citoyen majeur vivant avec handicap a le droit d’exercer des fonctions publiques au plus haut niveau de l’État sur la base de ses seules compétences. Parallèlement, le législateur a instauré des garde-fous sévères contre la déshumanisation : l’article 65 interdit désormais formellement l’utilisation de termes ou de gestes stigmatisants, assimilant ces actes à des infractions d’injure punies par le code pénal. Cette architecture légale est chapeautée par un Comité national de coordination présidé par le Premier ministre, assurant ainsi un suivi institutionnel au sommet de l’exécutif.
Santé et souveraineté : La naissance d’une production locale de soins
Au-delà du droit, l’AJCA a profité de cette tribune pour présenter une solution concrète aux défis de santé publique : la production locale de pommades solaires spécifiques. Grâce à des partenariats stratégiques avec la Fondation Pierre-Fabre et le soutien diplomatique de la France et de Saint-Marin, une unité de production basée à Brazzaville a déjà fabriqué 4 000 crèmes depuis décembre 2025. Cette initiative permet de répondre durablement aux besoins des albinos sans dépendre exclusivement des importations coûteuses. Couplée à la mise en place d’une clinique médico-sociale offrant des prises en charge gratuites, cette stratégie de soin de proximité illustre la volonté de l’association de lier protection juridique et bien-être physique, garantissant ainsi une protection complète des membres de la communauté face aux risques dermatologiques majeurs.
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Vers une mutation profonde de la conscience collective
Le message porté par les autorités départementales à Pointe-Noire souligne une volonté de rupture avec les avatars du passé. En appelant les Congolais à sortir des stéréotypes, le gouvernement cherche à réhabiliter la valeur humaine de chaque citoyen, indépendamment de sa pigmentation. Le secrétaire général du département de Pointe-Noire a rappelé que la loi 18-2025 interpelle directement la conscience nationale pour mettre fin au mépris et à la sous-estimation dont les albinos ont trop longtemps été victimes. Cette dynamique de sensibilisation vise à instaurer un climat où les devoirs de respect mutuel et de sauvegarde de l’ordre public s’appliquent à tous, faisant de la diversité une force plutôt qu’une source de division au sein de la nation.
Un engagement diplomatique et municipal renforcé
La réussite de cette session de vulgarisation repose également sur un soutien institutionnel et international de premier plan. La présence de personnalités telles que la consule de France, Véronique Wagner, le consul honoraire de Saint-Marin, Marcelle Della Corte, et l’administrateur-maire Evelyne Tchitchelle, témoigne de la dimension transversale de ce combat. Ces appuis multiformes ne se limitent pas à la présence protocolaire mais s’inscrivent dans une démarche de soutien actif aux structures de prise en charge et à la diffusion du droit. Pour l’AJCA, cet alignement entre le pouvoir politique national, les autorités locales et les partenaires étrangers constitue le levier indispensable pour faire de la loi n° 18-2025 une réalité vivante et protectrice pour chaque personne vivant avec l’albinisme au Congo.



