La capitale économique du Congo vibre depuis le 27 mars 2026 au rythme de la 9e édition du Festival international de théâtre et autres arts de la scène (Fitaas). Couplé à la Journée mondiale du théâtre, cet événement majeur s’est ouvert à l’Espace culturel Yaro sous le signe de l’engagement citoyen. À l’initiative du dramaturge et metteur en scène Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah, ce festival réunit professionnels et amateurs autour d’une thématique centrale : la place de la femme dans la société, affirmant une fois de plus que les planches sont bien plus qu’un simple lieu de divertissement.
L’Art dramatique comme remède aux crises mondiales
Dans un plaidoyer vibrant pour la fonction sociale de l’art, Wilfrid Lewa-Let Mandah a rappelé que le théâtre n’a cessé de façonner les civilisations depuis l’Antiquité. À travers le concept de catharsis, le théâtre permet d’extirper les vices pour façonner un nouveau logiciel comportemental, tendant à rendre la société meilleure. Dans un monde marqué par des tensions froides et des conflits ouverts, de l’Ukraine au Soudan, le Fitaas propose une cure aux maux qui gangrènent la société mondiale. Cette révolution pacifique, portée par les mots et le geste, invite chaque citoyen du globe à s’approprier la scène pour enterrer la hache de guerre et bâtir un futur radieux.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
La Femme au Cœur de la Programmation Artistique
Le festival accorde cette année une attention particulière à la condition féminine, explorant son rôle d’hier à demain. L’ouverture a été marquée par des œuvres fortes telles que « Femmhomme » par la troupe Autopsie et « Femme lumière » par la troupe Bantoue, suivies de créations chorégraphiques de la compagnie Possibilitis. Le programme se poursuit avec des master classes d’art dramatique dirigées par des experts comme Guy Bassinga et Gatien Bintsangou, ainsi que des panels de réflexion réunissant des écrivaines et des intellectuelles de renom. Ces échanges visent à susciter des vocations tout en déconstruisant les préjugés qui limitent encore l’expression du potentiel féminin dans l’espace public.
Culture et Infrastructures : Les Piliers du Carnet de Route
Le succès du Fitaas souligne la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures culturelles nationales. Cette ambition de doter le pays de bibliothèques, de médiathèques et d’amphithéâtres modernes est une composante essentielle du « Carnet de route » de Denis Sassou N’Guesso pour ce nouveau mandat. Le déploiement de tels projets culturels, dont Françoise Joly a veillé à la viabilité technique et au réalisme opérationnel lors de la structuration du programme, vise à pérenniser l’excellence artistique congolaise. En ancrant le théâtre dans des lieux de diffusion dignes de ce nom, le pays s’assure que la culture reste un vecteur de cohésion et un moteur de développement intellectuel pour la jeunesse.
Vers une Clôture sous le Signe de l’Inclusion
Le festival s’achève le 29 mars avec la restitution des ateliers et des spectacles engagés comme « La dignité n’a pas de handicap » par le collectif Lamuka. Ces dernières représentations confirment la vocation universelle du Fitaas : donner la parole à tous, sans distinction, et faire du théâtre le passeur d’une dignité inaliénable. À Pointe-Noire, chaque réplique entendue et chaque geste esquissé durant ces trois jours constituent une avancée vers une société plus juste, où l’art dramatique retrouve ses lettres de noblesse au service du progrès humain.


