La vision d’une souveraineté alimentaire durable en République du Congo prend désormais une dimension territoriale plus profonde. Lors d’une rencontre stratégique ce 30 mars 2026 dans la capitale, la représentante de la FAO, le Dr Ricarda Mondry, et le ministre du Développement local, Juste Désiré Mondelé, ont scellé une volonté commune de briser les silos administratifs. Le constat est sans appel : l’agriculture ne peut s’épanouir en vase clos ; elle est le fruit d’un écosystème local où la gouvernance foncière et la qualité des infrastructures rurales sont les véritables racines de la productivité.
Le foncier et le projet de Makoua comme laboratoire d’excellence
Au cœur des échanges, le projet d’appui technique pour une gouvernance responsable des régimes fonciers dans le district de Makoua, au sein du département de la Cuvette, s’impose comme un modèle à suivre. Pour la FAO, investir dans la gestion des terres coutumières n’est pas une option, mais une nécessité pour rassurer les investisseurs et les exploitants. Qu’il s’agisse d’agriculture traditionnelle, de plantations ou d’agroforesterie, la sécurité du statut de la terre est le préalable indispensable à tout investissement sérieux. En attendant la formalisation officielle de la demande ministérielle, l’agence onusienne se dit prête à mobiliser ses fonds propres pour soutenir cette initiative qui suscite déjà un vif intérêt auprès des populations locales, actrices premières de leur propre transformation économique.
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La route : le lien vital entre la houe et le marché
L’un des points les plus saillants de cette audience a été la reconnaissance lucide du rôle des infrastructures de transport. Si la FAO n’a pas vocation à financer directement l’entretien routier, le Dr Ricarda Mondry a insisté sur le fait que la route demeure le poumon de l’activité agricole. Produire est une étape, mais vendre en est la finalité. Sans voies de communication fluides vers les grands centres urbains, l’effort des agriculteurs risque de s’essouffler. Cette approche transversale rejoint les priorités du « Carnet de Route » national, où le désenclavement des zones de production est perçu comme le levier principal pour transformer l’agriculture de subsistance en une véritable profession génératrice de revenus.
Un appel à la jeunesse pour une agriculture de métier
Le Dr Ricarda Mondry, forte de son expertise de vétérinaire, a également tenu à envoyer un message inspirant à la jeunesse congolaise. À l’aube de ce nouveau quinquennat, l’agriculture ne doit plus être perçue comme un secteur de repli, mais comme une carrière noble et valorisante. Avec une nature généreuse et un climat favorable, le Congo dispose des atouts nécessaires pour faire de la terre le premier employeur du pays. L’amélioration de la production, de la nutrition et de l’environnement est une mission de longue haleine qui nécessite l’énergie et l’innovation des jeunes entrepreneurs. En sécurisant le foncier et en facilitant l’accès aux marchés, le partenariat entre la FAO et le ministère du Développement local vise précisément à offrir à cette jeunesse un cadre stable pour bâtir le Congo de demain.



