YAOUNDÉ – Le paysage institutionnel camerounais s’apprête à connaître une mutation profonde alors que les deux chambres du Parlement examinent actuellement un projet de réforme constitutionnelle d’envergure. Le projet de loi n° 2094, déposé le 2 avril 2026, propose officiellement la création d’un poste de vice-président de la République.
Cette initiative concrétise un engagement pris par le président Paul Biya lors de sa prestation de serment le 6 novembre 2025, moment où il avait souligné la nécessité d’adapter les structures de l’État aux défis émergents de la nation. Pour intégrer cette nouvelle figure au sommet de l’exécutif, les autorités prévoient l’ajustement de plusieurs articles fondamentaux de la Constitution, notamment les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66.
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Un statut sous l’autorité directe du chef de l’État
Selon les modalités définies par la réforme, le vice-président sera nommé par le président de la République, qui disposera également du pouvoir discrétionnaire de mettre fin à ses fonctions à tout moment. Le détenteur de ce nouveau poste exercera des attributions déléguées par le chef de l’État, et la durée de son mandat coïncidera strictement avec celle du président en exercice. Cette configuration assure une collaboration étroite au sein de l’exécutif tout en clarifiant la chaîne de commandement et la répartition des responsabilités au plus haut niveau de l’administration camerounaise.
Un mécanisme de succession et de suppléance clarifié
L’un des enjeux majeurs de ce projet de loi réside dans la gestion de la vacance du pouvoir présidentiel. En cas de vacance, le texte stipule que le vice-président achèvera le mandat en cours après avoir prêté serment. Dans ce cadre, il aura également la charge de désigner un vice-président pour l’assister dans ses nouvelles fonctions. Toutefois, si le vice-président se retrouve lui-même dans l’incapacité d’exercer le pouvoir, la réforme prévoit qu’un scrutin soit organisé pour élire un nouveau président, période durant laquelle le président du Sénat assurera l’intérim. Ce dispositif vise à garantir la continuité de l’État et la stabilité des institutions en toutes circonstances.



