La famille de l’ancien Premier ministre congolais Patrice Lumumba, assassiné en 1961, espère que le procès d’un ancien diplomate belge apportera enfin des réponses sur les responsables de ce crime. Un enjeu majeur pour l’histoire de la République démocratique du Congo.
Un procès historique pour faire la lumière sur l’assassinat de Patrice Lumumba
Près de 62 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC) après l’indépendance, sa famille espère enfin obtenir justice. Un tribunal bruxellois a en effet donné son aval pour la poursuite des procédures contre Étienne Davignon, un ex-diplomate belge de 93 ans, soupçonné de « participation à des crimes de guerre » en raison de son rôle présumé dans le processus ayant mené à l’exécution du dirigeant africain.
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« Il ne reste que lui. On espère qu’il pourra apporter des réponses » sur les responsables de l’assassinat, a commenté Yema Lumumba, petite-fille de l’ancien Premier ministre, qui vit entre la RDC et les Pays-Bas. Ce procès constitue un enjeu majeur, au-delà des seuls intérêts de la famille, car il pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites pour crimes coloniaux.
Un meurtre longtemps tabou en RDC
Patrice Lumumba n’a exercé le pouvoir que quelques mois, mais son appel à l’unité nationale et à l’anticolonialisme continue d’avoir une forte résonance en RDC. Pourtant, son assassinat a longtemps constitué un sujet tabou dans le pays, et il a fallu près de 30 ans pour que ses parents, forcés à l’exil, puissent y revenir.
Les conclusions d’une commission d’enquête belge au début des années 2000 ont toutefois permis de faire avancer la quête de justice de la famille Lumumba. Le rapport a établi que des membres du gouvernement belge étaient « moralement responsables » des circonstances ayant mené à la mort de l’ancien Premier ministre, notamment en soutenant un mouvement sécessionniste dans la riche province du Katanga.
Le rôle trouble des États-Unis
D’autres puissances étrangères, comme les États-Unis, étaient également impliquées dans les événements entourant l’indépendance de la RDC. Une commission sénatoriale américaine a révélé dans les années 1970 que Washington craignait que le pays ne bascule dans le camp soviétique et souhaitait que Patrice Lumumba soit écarté par tous les moyens, allant jusqu’à envisager de l’assassiner.
Bien que les détails de l’implication américaine restent flous, la petite-fille de Lumumba estime que les États-Unis « avaient clairement l’intention » de tuer son grand-père. Le procès de l’ex-diplomate belge pourrait peut-être apporter un éclairage supplémentaire sur ce volet.



