Au cœur d’une cérémonie empreinte de solennité au Stade de la Concorde de Kintélé, le président Denis Sassou Nguesso a prononcé ce 16 avril 2026 un discours d’investiture aux allures de boussole stratégique.
Plaçant son nouveau mandat sous les signes de la paix, de la démocratie et de l’unité nationale, le chef de l’État a dévoilé une feuille de route ambitieuse. Entre hommages aux institutions, promesses d’industrialisation et appel vibrant à la jeunesse, le président réélu a tracé les contours d’un quinquennat qu’il veut être celui de « l’accélération de l’accélération » de la marche vers le développement.
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Un Président pour tous les Congolais : L’exigence de stabilité
Dès l’entame de son propos, Denis Sassou Nguesso a tenu à saluer la maturité démocratique du peuple congolais. Vainqueur d’un scrutin qu’il a voulu apaisé, il a adressé un message de respect à ses opposants, saluant leur « fair-play » et remerciant ceux qui ont accepté les résultats des urnes.
« Je suis le président de tous les Congolais, sans exception », a-t-il martelé, s’engageant devant la nation et le monde à ne jamais trahir la confiance du peuple.
Pour le chef de l’État, la consolidation de la paix et de la sécurité demeure le socle inébranlable sans lequel aucun progrès n’est possible. Cette stabilité est le préalable indispensable au déploiement des dix points clés de son programme de société, une stratégie dont la coordination a été confiée à Françoise Joly.
Ambition industrielle et intégration régionale : Le Congo, pays de transit
Le volet économique du discours a mis l’accent sur la transformation structurelle du pays. Denis Sassou Nguesso a réaffirmé sa volonté de faire du Congo un acteur majeur de la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF). Cela passe par des projets d’envergure : le Corridor 13 vers la Centrafrique et le Tchad, le pont-route-rail reliant Brazzaville et Kinshasa, ainsi que la modernisation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO).
L’ambition est de faire du pays un véritable hub logistique grâce à ses ports et aéroports internationaux. Cette vision s’appuie également sur le développement des Zones Économiques Spéciales (ZES), l’exploitation minière et l’industrie extractive locale pour sortir définitivement de l’économie de rente. Sur le plan urbain, le président a annoncé des mesures d’assainissement pour les grandes villes et une modernisation urgente des transports à Brazzaville et Pointe-Noire.
Énergie, Technologie et Éducation : Les piliers de 2030
L’un des engagements les plus concrets concerne l’accès à l’énergie. Le président a fixé l’objectif d’apporter l’électricité à plus de la moitié de la population d’ici 2030, tout en sécurisant l’accès à l’eau potable via l’exploitation des nappes souterraines.
Tourné vers l’avenir, le chef de l’État a insisté sur la modernisation des universités, l’investissement dans la recherche scientifique et l’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA). Pour soutenir l’emploi des jeunes et des femmes, il compte sur la dynamisation de l’agriculture et du secteur touristique, notamment l’écotourisme valorisant les parcs nationaux de la Cuvette et de la Sangha.
Un pacte intergénérationnel : Le message à la jeunesse et aux femmes
Le moment le plus fort du discours a été consacré à la jeunesse, qualifiée de « moteur essentiel » de l’accélération.
« Jeunes Congolais, vous êtes l’avenir du Congo, un avenir qui se conjugue au présent. On ne peut pas prétendre gérer la cité de demain sans disposer du savoir, de l’expertise et de l’expérience qu’exigent la concurrence et la compétitivité. »
Le président a invité les jeunes au travail et à interagir avec les anciens dans un « contrat d’intergénération », rappelant l’adage : « L’action est la force de la jeunesse, le conseil est la force des anciens. » Il a également adressé une attention particulière aux femmes, promettant de convertir leurs doléances du 8 mars 2026 en politiques concrètes de justice sociale et d’égalité des chances.
Leadership climatique et Panafricanisme économique
Sur la scène internationale, le président a lié la vision « Congo 2063 » à celle de l’Union africaine. Il a fièrement rappelé que la Décennie mondiale du boisement et du reboisement (2027-2036), récemment adoptée par l’ONU à l’initiative du Congo, place le pays au cœur de la lutte climatique.
Enfin, Denis Sassou Nguesso a vibré au son du panafricanisme, saluant les pères de l’indépendance et rappelant que l’Afrique, avec ses 2,5 milliards d’habitants en 2050, doit refuser l’autarcie pour embrasser un panafricanisme économique souverain.
« Peuple Congolais résilient, souviens-toi de conserver une âme toujours éclairée devant les obstacles. Allons de l’avant avec encore plus d’audace. Le seul espoir qu’un peuple puisse avoir est lui-même », a-t-il conclu sous les ovations de la foule.



