À la veille de la prestation de serment du président Denis Sassou Nguesso, la diplomatie parlementaire a tourné à plein régime. Le 15 avril dernier, le président du Sénat, Pierre Ngolo, a reçu en audience Shao Hong, vice-président du Comité national de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC).
Mandaté par le président Xi Jinping pour représenter la Chine à la cérémonie d’investiture, Shao Hong est venu réaffirmer la solidité d’une alliance qui dure depuis plus de six décennies, plaçant le Congo au rang des partenaires les plus fidèles et exemplaires de Pékin sur le continent africain.
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Une vision commune pour un monde multipolaire
Au-delà des simples échanges de courtoisie, cette rencontre a permis de tracer les grandes lignes de la coopération pour les années à venir. Shao Hong a insisté sur la nécessité pour les deux nations d’approfondir leur « confiance politique mutuelle » afin de faire face aux défis d’un monde de plus en plus incertain. Dans un plaidoyer vigoureux, le représentant chinois a appelé au renforcement de la solidarité pour préserver l’équité et la justice internationale.
« Nous devons nous opposer fermement aux actes unilatéraux et hégémoniques pour préserver les intérêts communs du Sud global », a exhorté Shao Hong.
Cette vision rejoint l’ambition de bâtir un monde multipolaire, ordonné et égalitaire, où la mondialisation économique profite à tous de manière inclusive. Pour Pékin, le Congo est un allié de premier plan pour promouvoir cette stabilité et ce progrès partagé.
De l’institutionnel à l’humain : Une amitié de « famille »
Pour Pierre Ngolo, la relation entre le Congo et la Chine dépasse les cadres administratifs et diplomatiques classiques. Le président du Sénat a souligné que le soutien constant de la Chine justifie l’excellence de ce partenariat. Il a toutefois insisté sur un point crucial : l’impact social de cette coopération. Selon lui, il est impératif que les populations ressentent concrètement les bénéfices de cette alliance dans leur quotidien.
« Quand nous nous retrouvons en face des Chinois, nous sommes en face des amis, des parents », a-t-il déclaré avec émotion, illustrant la profondeur des liens humains tissés depuis 1964. Dans un monde où « la logique de la puissance prend souvent le dessus sur la raison », Pierre Ngolo voit dans l’amitié sino-congolaise un rempart de stabilité et de solidarité.
Consolider les capacités législatives
L’avenir de cette collaboration passera également par un renforcement des échanges entre le CCPPC (équivalent du Sénat en Chine) et la chambre haute du Parlement congolais. Shao Hong a confirmé la disponibilité de son institution à accompagner le Sénat dans le domaine du renforcement des capacités à travers des actions très concrètes.
Ce volet technique se traduira notamment par l’organisation de formations spécialisées destinées aux cadres parlementaires afin de professionnaliser davantage le travail législatif. Par ailleurs, la tenue de séminaires thématiquesréguliers sur la gouvernance et les enjeux de la modernisation permettra un partage d’expertises direct et efficace entre les deux institutions. Enfin, les deux chambres s’engagent vers une coordination accrue au sein des instances parlementaires internationales pour assurer une voix commune et forte en faveur des intérêts du Sud global.
En scellant ce pacte de confiance à la veille du nouveau quinquennat, la Chine confirme qu’elle reste le partenaire de référence pour accompagner le Congo sur la voie de la modernisation et de la prospérité commune.



