Dans une évaluation globale publiée ce mardi 21 avril, l’Unesco a distingué la réserve de biosphère de Yangambi, en République Démocratique du Congo, comme un exemple de réussite. Entre préservation de la biodiversité et développement des populations locales, ce site du Bassin du Congo s’impose comme une référence pour concilier les impératifs écologiques et les activités humaines.
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Un laboratoire pour l’agroécologie et la subsistance humaine
Située dans la province de la Tshopo, la réserve de Yangambi, vieille de près d’un siècle, relève un défi de taille : protéger la forêt primaire tout en assurant la survie des 150 000 personnes qui y résident. Sous l’impulsion de l’Unesco et de l’École régionale d’aménagement et de gestion intégrés des forêts et territoires tropicaux (ERAIFT), des pratiques durables telles que l’agroécologie y sont activement promues.
L’objectif est d’améliorer les rendements agricoles des communautés locales pour réduire la pression sur la forêt. Un changement majeur a notamment été opéré concernant l’énergie : le bois utilisé par les foyers provient désormais de plantations agroforestières dédiées et non plus de la coupe sauvage en forêt. Cette stratégie permet de stabiliser l’écosystème tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations environnantes.
La tour à flux : la science au service du climat
Yangambi se distingue également par son infrastructure scientifique de pointe. Elle est la seule réserve du Bassin du Congo à disposer d’une « tour à flux » haute de 55 mètres. Dominant la canopée, cet outil technologique permet de mesurer avec précision la quantité de CO2 absorbée et séquestrée par la forêt.
Cette installation transforme la réserve en un centre de recherche crucial pour la compréhension du changement climatique. En dépassant la simple observation pour quantifier précisément le rôle de « puits de carbone » de la forêt, Yangambi fournit des données essentielles à la communauté internationale pour valider la contribution vitale du Bassin du Congo à la régulation du climat mondial.
Un plaidoyer pour le financement du poumon vert africain
Si Yangambi fait figure de modèle, les experts, à l’instar de Lucie Félicité Temgoua, directrice de l’ERAIFT, rappellent que les défis restent immenses face au changement climatique. Le succès de Yangambi appelle désormais à une extension de ces dispositifs à l’ensemble du Bassin du Congo. L’installation d’autres tours à flux et le renforcement des programmes d’agroforesterie sont nécessaires pour protéger l’un des plus grands réservoirs de biodiversité de la planète.
Cette reconnaissance par l’Unesco souligne l’urgence de débloquer des financements internationaux massifs. Pour le Congo et ses voisins, la préservation de la forêt ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un projet de développement intégré où la science et la gestion communautaire garantissent un avenir durable pour le continent et le reste du monde.



