Diplomatie spatiale : Washington accélère son offensive en Afrique
<Chapô>Alors que la compétition géopolitique pour la conquête de l’espace s’intensifie, les États-Unis renforcent leur présence en Afrique, un continent stratégique pour le contrôle des futures activités spatiales.</Chapô>
Dans un contexte de rivalité croissante avec la Chine et la Russie, les États-Unis multiplient les initiatives diplomatiques et économiques en Afrique afin de s’assurer une position dominante dans la course à l’espace. Depuis plusieurs années, Washington cherche à tisser un réseau d’alliances avec des pays africains disposant de sites propices aux lancements et aux opérations spatiales.
Une diplomatie spatiale offensive
Le récent voyage du vice-président américain Kamala Harris dans trois pays d’Afrique de l’Est – la Tanzanie, la Zambie et la République démocratique du Congo – illustre cette offensive diplomatique. Lors de ces déplacements, la responsable américaine a insisté sur l’importance de la coopération spatiale, proposant des programmes de formation et de transfert de technologies.
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« Les États-Unis veulent s’assurer que l’Afrique ne tombe pas dans l’orbite d’influence de la Chine ou de la Russie dans ce domaine stratégique », explique Éric Mottet, spécialiste des questions spatiales à l’Université de Montréal. « Washington cherche à contrecarrer les ambitions de ses rivaux en s’appuyant sur des pays africains disposant d’atouts géographiques et techniques ».
Des enjeux économiques et sécuritaires
Au-delà des considérations géopolitiques, la diplomatie spatiale américaine en Afrique répond également à des intérêts économiques et sécuritaires. Le contrôle des futures activités spatiales, qu’il s’agisse de l’exploitation des ressources extraterrestres ou du déploiement de constellations de satellites, représente un enjeu majeur pour les grandes puissances.
« L’Afrique dispose de sites de lancement potentiellement stratégiques, notamment en Namibie, en Afrique du Sud ou en Éthiopie », souligne Éric Mottet. « S’assurer de la coopération de ces pays permettrait aux États-Unis de conforter leur position dans la course à l’espace ».
Sur le plan sécuritaire, la maîtrise des technologies spatiales est également cruciale pour le renseignement et la défense. Washington cherche ainsi à empêcher que ses rivaux n’acquièrent une supériorité dans ce domaine, qui pourrait se traduire par une capacité accrue de surveillance et d’interception des communications.
Une compétition exacerbée
Face à cette offensive américaine, la Chine et la Russie redoublent également d’efforts pour étendre leur influence spatiale en Afrique. Pékin a notamment signé des accords de coopération avec plusieurs pays du continent, tandis que Moscou cherche à s’appuyer sur ses liens historiques avec certains régimes.
« La diplomatie spatiale est devenue un nouvel enjeu majeur de la compétition géopolitique mondiale », conclut Éric Mottet. « L’Afrique, de par sa position stratégique, est au cœur de ces rivalités entre grandes puissances ».



