Transformer une situation de vulnérabilité en un véritable levier de puissance économique : c’est le pari réussi de la première édition du séminaire « Ma chance, c’est toi ». À Brazzaville, 120 jeunes femmes et filles-mères viennent de boucler une formation intensive en entrepreneuriat, marquant le début d’une révolution silencieuse pour l’autonomie financière féminine au cœur de nos arrondissements.
L’initiative, portée par le Dr Ernest Nounga Djomo du Consortium panafricain pour la paix et l’évêque Norbert Okana du Centre missionnaire Elim, a officiellement livré ses premiers fruits ce 9 mai 2026. Ce projet est capital car il s’attaque de front à la précarité des femmes déscolarisées et des mères isolées, en leur offrant les clés du secteur informel pour générer des revenus durables. En soutenant cette classe féminine souvent oubliée, le programme renforce non seulement le tissu économique local, mais aussi la stabilité sociale de la capitale.
La formation, qui s’est tenue dans le sixième arrondissement (Talangaï), n’a pas seulement enseigné des métiers ; elle a provoqué un véritable électrochoc psychologique. Sous le parrainage stratégique des ambassades du Venezuela et de Cuba, ces apprenantes ont été outillées pour devenir des leaders capables de gérer leurs émotions autant que leurs futurs clients. Il ne s’agit plus de « survivre », mais de bâtir un équilibre de vie fondé sur la compétence et la dignité.
Des métiers concrets pour une liberté immédiate
Pendant cinq jours, le centre de formation de Mikalou est devenu une véritable pépinière de talents. Les domaines choisis ne sont pas le fruit du hasard : coupe-couture, coiffure, esthétique, agro-pastoral, hôtellerie et restauration. Ces secteurs, piliers de l’économie de proximité à Brazzaville, offrent des débouchés rapides et une flexibilité indispensable pour ces mères de famille. En plus des compétences techniques, le programme a intégré un renforcement de base en lecture et calcul, comblant ainsi les lacunes de la déscolarisation.
L’évêque Norbert Okana a été très clair lors de la remise des attestations : l’objectif est la création d’emplois. Pour lui, la liberté morale passe par la liberté financière. En apprenant à valoriser leurs propres qualités, ces jeunes femmes cessent d’être des spectatrices de l’économie pour en devenir des actrices majeures. Le changement de paradigme est total : on passe de l’assistance à l’entrepreneuriat pur.
Le soutien international et le passage à l’action
Le projet « Ma chance, c’est toi » bénéficie d’une parrainage diplomatique de poids. L’ambassadrice du Venezuela, Angela Laura Suarez, a souligné que cette formation s’inscrit dans une démarche de pérennisation de la paix. Pour ces nations partenaires, investir dans la femme congolaise, c’est investir dans la stabilité de demain. Cette reconnaissance internationale donne une dimension d’excellence au certificat reçu par les apprenantes, leur ouvrant également des opportunités de stages dans divers établissements de la place.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
L’accompagnement ne s’arrête pas à la remise des diplômes. Le Dr Ernest Nounga Djomo a annoncé que des kits de démarrage seraient distribués dans quelques jours à un échantillon d’apprenantes via le Conseil consultatif permanent de la société civile. Ce passage de la théorie à la pratique est la phase la plus attendue : elle permettra de transformer les enseignements reçus en unités de production concrètes, injectant ainsi une nouvelle énergie dans les marchés de Talangaï et d’ailleurs.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT ?
La formation des filles-mères est le moteur d’une paix sociale durable. En transformant 120 femmes vulnérables en entrepreneures autonomes, le projet « Ma chance, c’est toi » réduit la dépendance et la pauvreté dans les arrondissements de Brazzaville. C’est l’étape indispensable pour prouver que la réinsertion économique est possible, même pour celles que le système scolaire a laissées de côté. C’est un modèle de coopération diplomatique au service direct du développement humain.
Vers un leadership féminin authentique
Au-delà des ciseaux, des brosses ou des fourneaux, c’est une transformation interne qui a été prônée. L’éveil de la conscience d’une femme leader passe par une vision claire de soi-même et une conviction personnelle inébranlable. Les orateurs ont insisté sur la gestion des émotions, un atout stratégique pour fidéliser une clientèle et s’imposer dans un secteur informel très concurrentiel. Ces femmes repartent avec une armure mentale : la confiance en soi.
L’avenir de Brazzaville se dessine peut-être dans ces petits ateliers de couture et ces fermes agro-pastorales qui vont fleurir. Si ce modèle est dupliqué, c’est tout l’équilibre économique des quartiers populaires qui pourrait changer. La projection est enthousiasmante : voir une génération de femmes « libres moralement et financièrement » porter la croissance du Congo à bout de bras.



