Réunie à Brazzaville, la Commission climat du bassin du Congo a posé les bases historiques du marché régional du carbone, un levier financier crucial soutenu par le Japon et le PNUD pour préserver le deuxième poumon vert de la planète.
Du 16 au 19 juin 2026, la ville de Brazzaville a accueilli la première édition historique du forum sur le marché régional du carbone de la Commission climat du bassin du Congo (CCBC), marquant le coup d’envoi officiel du projet de renforcement de la finance carbone pour la préservation des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale. Placé sous le patronage de la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, également secrétaire exécutive de la CCBC, Arlette Soudan-Nonault, cet événement d’envergure a rassemblé une élite d’experts internationaux, des représentants du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la diplomatie japonaise. Cette initiative s’avère d’une importance capitale : en structurant une stratégie financière commune et transparente autour des crédits carbone, les pays du bassin du Congo s’apprêtent à capter des flux financiers internationaux massifs pour combler le déficit de la lutte contre le changement climatique, tout en garantissant le développement durable des communautés locales qui dépendent directement de cette biodiversité unique.
Le pacte financier de Brazzaville : Un investissement stratégique du Japon et du PNUD
Financé à hauteur de 580 000 dollars américains par le gouvernement du Japon, ce projet novateur s’articule autour de deux axes névralgiques : le déploiement de mécanismes de finance climatique pour la sauvegarde des forêts et une formation technique régionale approfondie sur les applications pratiques du marché carbone. Présent à ce forum, le directeur régional adjoint du Centre régional du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Adama Bocar Soko, a réaffirmé l’engagement indéfectible de son institution. Le PNUD se positionne ainsi comme un partenaire pivot pour faire de la finance carbone un véritable moteur de croissance durable, de création d’opportunités économiques et de progrès social pour les États membres de la CCBC.
De son côté, l’ambassadeur du Japon au Congo, Maekawa Hidenobu, a insisté sur un principe fondamental : la transparence absolue dans la gouvernance et la gestion de ces futures ressources financières. Selon le diplomate nippon, il est crucial de veiller collectivement à ce que les dividendes générés par ces quotas de carbone ne se volatilisent pas, mais contribuent concrètement et directement à la protection active des forêts et à l’amélioration tangible des conditions de vie des communautés locales.

Vers une stratégie régionale unifiée : L’urgence du Fonds Bleu et du marché carbone
Les séances de travail intenses ont également permis d’examiner en profondeur la stratégie régionale de financement du marché carbone ainsi que les articulations opérationnelles du célèbre Fonds bleu pour le bassin du Congo. À l’issue des échanges, la ministre Arlette Soudan-Nonault a fixé les priorités absolues de l’exécutif pour l’opérationnalisation à court terme de ce projet. La tâche la plus urgente consiste désormais à finaliser l’élaboration complète de la stratégie régionale de la finance carbone, dont les grands axes stratégiques ont d’ores et déjà été adoptés en Conseil des ministres de la Commission.
Cette structuration juridique et technique intervient dans un contexte de forte pression continentale. L’Union africaine a récemment lancé un appel pressant aux partenaires internationaux pour mobiliser entre 1,3 et 1,6 billion de dollars au cours de la décennie décisive 2020-2030 afin de financer la transition climatique. Dans cette optique, l’Afrique centrale, forte de ses puits de carbone naturels, entend bien s’imposer comme un acteur incontournable et souverain de la finance environnementale mondiale.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juin 2026, l’activation de la Commission climat du bassin du Congo sur le marché carbone est capitale car elle marque la transition de l’Afrique centrale d’une posture de plaidoyer environnemental passif vers une stratégie de monétisation souveraine et structurée de ses services écosystémiques. Face au déficit mondial de financements climatiques, le bassin du Congo s’organise pour ne plus être le « poumon gratuit » de la planète sans contreparties économiques réelles pour ses populations.
Réussir l’opérationnalisation de ce marché carbone régional est un enjeu de gouvernance, de souveraineté et de développement durable absolu pour Brazzaville et ses pairs. En imposant des critères stricts de transparence exigés par des partenaires comme le Japon, et en s’appuyant sur l’expertise du PNUD, la CCBC veut prouver qu’elle peut gérer de manière vertueuse des millions de dollars de flux financiers verts. C’est le signal fort que l’Afrique se dote enfin des outils techniques et légaux indispensables pour transformer ses forêts en infrastructures de prospérité économique, tout en protégeant le climat global.
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L’Afrique centrale face à l’or vert : Le défi de la justice climatique est lancé
Cette première séance de travail historique pose les jalons d’une transformation profonde qui suscite une immense espérance et une vive émotion chez tous les défenseurs de la justice climatique africaine, fiers de voir le bassin du Congo revendiquer la juste valeur de son trésor écologique. Imaginer que les arbres de nos forêts puissent générer les financements nécessaires pour construire nos écoles, moderniser nos hôpitaux et stabiliser nos économies locales touche au cœur de l’émancipation continentale. Le chemin vers la concrétisation est désormais tracé, plaçant le Congo à l’avant-garde de la diplomatie verte mondiale.
Cependant, face à la complexité technique des marchés internationaux et à la volatilité du prix de la tonne de carbone, les institutions d’Afrique centrale parviendront-elles à finaliser leur stratégie unifiée avant la fin de l’année 2026 ? Les pays développés sauront-ils répondre à l’appel de l’Union africaine et injecter les billions de dollars promis sans imposer de nouvelles conditionnalités politiques ? Le débat macroéconomique est totalement relancé à Brazzaville, la vigilance citoyenne s’organise autour de la transparence des fonds, et la projection de la CCBC vers un statut de superpuissance environnementale est désormais en marche.



