Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a signé le 20 février un arrêté ordonnant la fermeture temporaire de l’ensemble des frontières terrestres, aériennes et fluviales du Congo le 15 mars 2026, de 6 heures à 18 heures, pendant le déroulement du scrutin présidentiel, afin d’en assurer la stabilité et d’éviter les troubles
Le contenu de l’arrêté
L’arrêté, dont une copie a été diffusée par la presse congolaise, porte la signature du ministre Raymond Zéphirin Mboulou. La fermeture couvre les trois types de frontières — terrestres, aériennes et fluviales — pour une durée de douze heures correspondant à l’ouverture et à la fermeture des bureaux de vote. Les forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour le dispositif.
La mesure est présentée par le ministère comme préventive et visant à prévenir toute tentative de perturbation venue de l’extérieur. Elle est temporaire et inscrite dans une logique de responsabilité et de souveraineté nationale.
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Une pratique établie
La fermeture des frontières le jour du scrutin n’est pas inédite au Congo. Elle fait partie d’un dispositif sécuritaire récurrent lors des présidentielles. Cette mesure s’inscrit dans un ensemble de dispositions qui ont accompagné les précédents scrutins afin d’en assurer le bon déroulement.
Le contexte du scrutin
Le premier tour de l’élection présidentielle est fixé au 15 mars 2026. La campagne officielle s’ouvre le 28 février pour une durée de treize jours. Sept candidatures ont été déposées face au président sortant Denis Sassou-Nguesso, 82 ans. La liste définitive doit être validée par la Cour constitutionnelle.
La concertation politique de Djambala (16-18 février) a émis 11 recommandations, dont le renforcement de la présence des délégués des candidats dans les instances de compilation des résultats et l’introduction à l’avenir — non applicable à ce scrutin — de la biométrie électorale.
Le Congo partage des frontières avec cinq pays : la République démocratique du Congo (frontière fluviale sur le fleuve Congo et l’Oubangui), le Cameroun, la République centrafricaine, le Gabon et le Cabinda (enclave angolaise). La frontière avec la RDC, qui sépare Brazzaville de Kinshasa par le fleuve Congo, est la plus active en termes de flux de personnes et de marchandises, et donc la plus à risque.
La fermeture simultanée des frontières terrestres, aériennes et fluviales pendant douze heures implique concrètement la suspension temporaire du trafic aéroportuaire à Maya-Maya (Brazzaville) et Agostinho-Neto (Pointe-Noire), l’arrêt des traversées du fleuve, et le bouclage des postes frontaliers terrestres avec le Gabon, le Cameroun et la Centrafrique.



