Malgré l’abandon controversé du projet « FIFA Forward Enterprise » visant à ouvrir les compétitions mondiales à des investisseurs privés, la CAF et les principales fédérations africaines réaffirment leur loyauté envers Gianni Infantino. En cause : une dépendance vitale aux financements du programme FIFA Forward pour moderniser des infrastructures sportives à bout de souffle.
Ce début d’août 2026, alors que la présidence de Gianni Infantino traverse une zone de turbulences à la suite de l’échec de son projet d’ouverture du capital des compétitions de la FIFA à des fonds privés, le continent africain se dresse comme son plus solide rempart. Le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a confirmé à l’unanimité son soutien au dirigeant italo-suisse, emboîtant le pas aux déclarations de ses principaux dirigeants nationaux. De Rabat à Le Caire, en passant par Kinshasa et Abuja, les fédérations saluent la sagesse du retrait de la proposition controversée et rappellent les retombées financières directes obtenues sous son mandat.
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Le programme FIFA Forward : La clé de voûte de l’alliance entre Infantino et l’Afrique
La fidélité des 54 fédérations membres de la CAF envers le patron de la FIFA repose principalement sur le programme FIFA Forward, lancé en 2016. Dans de nombreux pays africains où les budgets étatiques et les sponsors privés peinent à financer le sport, ces subventions directes constituent l’unique levier de développement pour la construction de stades, la formation des cadres et la logistique des équipes nationales.
Au Maroc, partenaire privilégié qui abrite le bureau régional de l’instance à Rabat, le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a qualifié de sage le retrait du projet d’investissement privé pour préserver l’unité des 211 associations membres. En Égypte, siège de la CAF, le pays bénéficie largement des fonds Forward pour ses infrastructures et le football féminin, tout en réclamant désormais une plus grande autonomie de décision. En République démocratique du Congo, sous l’impulsion de Véron Mosengo-Omba, nouvellement élu à la tête de la FECOFA en mai 2026, la fédération a réaffirmé son soutien total à Infantino au-delà de 2027. Enfin, au Nigeria, éligible à près de 8 millions de dollars au titre du programme, la NFF utilise notamment 4,88 millions de dollars pour réhabiliter son centre technique national à Abuja.
De la solidarité politique aux réserves éthiques : Un bloc continental quasi unanime en vue de 2027
L’alignement africain dépasse le cadre des seules fédérations nationales. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a mis en garde le continent contre le lynchage public d’Infantino, le qualifiant d’ami du football africain. Même son de cloche du côté du président de la CAF, Patrice Motsepe, qui a rappelé que l’Afrique ne poignarde pas dans le dos ceux qui lui sont restés loyaux. Plusieurs présidents de fédérations, comme celui de la Gambie, appellent déjà ouvertement à sa réélection lors du congrès de 2027.
Cette unanimité apparente masque toutefois quelques voix critiques. L’ancienne présidente de la fédération de Sierra Leone et ex-membre du Conseil de la FIFA, Isha Johansen, a tiré la sonnette d’alarme face au risque de marchandisation à outrance du football mondial, s’interrogeant sur le prix éthique à payer pour obtenir ces financements. Malgré ces réserves isolées, le bloc africain demeure le pilier central de la stratégie de maintien au pouvoir de Gianni Infantino.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la confirmation du soutien africain à Gianni Infantino est fondamentale car elle démontre le poids géopolitique décisif des 54 voix du continent au sein du congrès de la FIFA. Analyser le recul sur le projet d’investissement privé comme le signe d’une déstabilisation définitive du président de la FIFA serait une erreur de perspective : tant que le programme FIFA Forward garantit l’irrigation financière des petites et moyennes fédérations, Infantino conserve un réservoir de voix quasi inexpugnable pour le scrutin de 2027.
Sécuriser les financements des infrastructures locales, préserver l’unité du bloc continental et peser sur la gouvernance mondiale du football sont des enjeux de diplomatie sportive, de souveraineté opérationnelle et de développement territorial absolus pour la période 2026-2030. Si la CAF maintient cette cohésion, l’Afrique restera le faiseur de rois incontournable de la FIFA.
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Prospective 2026-2030 : L’Afrique, pivot incontournable de la gouvernance du football mondial
L’épisode du retrait du projet FIFA Forward Enterprise montre que si Infantino a dû reculer face aux réticences de certains géants européens et sud-américains, son ancrage en Afrique demeure intact. L’attribution de la Coupe du Monde 2030 au Maroc (aux côtés de l’Espagne et du Portugal) et la hausse du nombre de places attribuées au continent pour les éditions élargies des Mondiaux masculins et féminins renforcent la popularité du président de la FIFA auprès des décideurs africains.
Pour la période 2026-2030, l’enjeu majeur pour le football africain sera d’adapter cette fidélité politique à des exigences accrues de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion des fonds reçus. La capacité de la CAF à utiliser ce rapport de force pour obtenir plus de responsabilités au sein des comités exécutifs de la FIFA déterminera si ce partenariat demeure un simple levier budgétaire ou un véritable outil d’émancipation sportive.
Le constat dressé en ce milieu d’année 2026 confirme que le centre de gravité politique du football mondial s’est déplacé, et que l’Afrique entend faire valoir ses intérêts stratégiques à chaque échéance électorale.
Pensez-vous que les fédérations africaines ont raison de soutenir massivement Gianni Infantino en échange des financements d’infrastructures, ou la CAF devrait-elle faire preuve de plus de fermeté sur les questions de gouvernance mondiale ?



