Organisé les 15 et 16 septembre 2026 par l’ARPCE, l’Union internationale des télécommunications et l’ARTAC, un atelier régional rassemble huit pays de la sous-région dans la capitale congolaise pour concevoir les Plans nationaux de télécommunications d’urgence (PNTU). Face aux inondations récurrentes et aux aléas climatiques, régulateurs et spécialistes de la protection civile s’accordent pour faire de la résilience des réseaux une priorité vitale et mutualiser les infrastructures critiques à l’échelle communautaire.
Ce mardi 15 septembre 2026, la capitale de la République du Congo s’impose comme le pôle de convergence des réflexions stratégiques sur la résilience des infrastructures numériques en Afrique centrale. Sous l’égide conjointe de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC) et de l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE), les travaux d’un atelier régional de haut niveau se sont ouverts à Brazzaville pour une durée de quarante-huit heures. Cette rencontre réunit une cinquantaine de délégués issus des ministères sectoriels, des autorités de régulation et des services de la protection civile de huit pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), mobilisés autour d’une mission décisive : harmoniser les outils opérationnels capables de garantir la continuité ininterrompue des transmissions électroniques en situation de crise majeure.
Dans un contexte environnemental marqué par l’intensification des dérèglements climatiques le long du fleuve Congo et dans les zones côtières, les télécommunications ne relèvent plus du simple confort technologique, mais s’affirment comme l’armature logistique centrale de la sauvegarde des vies humaines.
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Inondations, tempêtes et rupture d’infrastructures : Maintenir le signal pour sauver des vies
L’examen du document-cadre modèle soumis aux délégations nationales part d’un constat sans équivoque : lorsqu’une tornade dévaste des installations ou qu’une montée brutale des eaux noie les équipements au sol, la coupure des communications paralyse instantanément la chaîne de commandement des secours. Les réseaux cellulaires, les faisceaux hertziens et les liens satellites constituent le premier instrument d’alerte des populations vulnérables, l’outil de localisation des sinistrés et le canal indispensable pour guider l’acheminement des vivres et des soins médicaux d’urgence.
Pour le directeur général de l’ARPCE, Louis-Marc Sakala, la disponibilité permanente de la connectivité en période de calamité naturelle s’érige désormais en nécessité vitale absolue. Exprimant la vision des autorités congolaises, le patron du régulateur national a démontré que la réponse humanitaire ne peut souffrir d’improvisation technique. L’approche méthodique défendue par Brazzaville consiste à cartographier rigoureusement en amont les acteurs opérationnels publics et privés, à dresser l’inventaire exhaustif des infrastructures de transmission mobilisables et à codifier des protocoles de basculement d’urgence pour rétablir immédiatement le signal en cas de rupture des artères principales.
L’impératif transfrontalier : Vers une mutualisation des ressources critiques sous l’égide de l’UIT
Les échanges conduits dans la capitale congolaise mettent en lumière une réalité géographique incontournable : les catastrophes naturelles ne connaissent pas de frontières administratives. Les crues exceptionnelles du fleuve Congo, les éboulements de terrain et les ruptures d’axes de communication impactent simultanément plusieurs nations riveraines, imposant une solidarité technique immédiate entre les capitales de la zone.
Cette interdépendance a conduit le directeur du bureau de développement des télécommunications de l’UIT, Cosmas Zavazava, à plaider aux côtés des dirigeants de l’ARPCE pour la création d’une architecture sous-régionale intégrée des télécommunications d’urgence. En dépassement des cadres strictement nationaux, cette stratégie communautaire repose sur la complémentarité des faisceaux de transmission, le partage d’infrastructures passives et la mutualisation d’équipements de réserve entre États limitrophes. Le modèle en cours d’élaboration offrira à chaque pays un socle juridique et technique sur-mesure tout en assurant une interopérabilité complète des réseaux entre le Congo, le Cameroun, la RDC, le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Burundi et la Centrafrique.
Garantir les services essentiels : L’innovation technologique au cœur de la réponse citoyenne
Au-delà de la survie immédiate des installations techniques, les assises de Brazzaville repositionnent l’humain au centre de l’ingénierie des télécoms. Présidant les travaux au nom de la tutelle ministérielle, le directeur de cabinet du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Kô Goma, a martelé que la préservation des pylônes et des câbles n’a de sens que si elle garantit l’accès ininterrompu des citoyens aux services de base, à commencer par les plateformes de paiement mobile, l’information sanitaire et les liaisons avec les services hospitaliers.
Soulignant avec gravité que l’absence de connectivité rend vaine toute tentative d’organisation des secours modernes, le représentant du gouvernement congolais a exhorté les régulateurs et ingénieurs présents à faire preuve d’audace dans la mise au point de réponses innovantes. Cette dynamique appelle le déploiement de liaisons satellitaires d’appoint déployables en quelques minutes, la conception de boucles d’énergie autonomes pour les relais de transmission et la refonte des cadres réglementaires afin de faciliter la circulation transfrontalière des équipements techniques d’intervention lors des sinistres.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, l’ouverture de cet atelier régional à Brazzaville est fondamentale car la multiplication des chocs climatiques en Afrique centrale transforme la fragilité des réseaux numériques en vulnérabilité sécuritaire majeure. Analyser les télécommunications sous le seul angle commercial ou fiscal masquerait leur fonction régalienne : garantir la continuité des communications lors d’inondations catastrophiques constitue le premier garant de la résilience civile et de la souveraineté logistique des États du Bassin du Congo.
Standardiser les Plans nationaux de télécommunications d’urgence, mutualiser les infrastructures satellitaires et hertziennes entre nations voisines et préserver l’accès aux services publics numériques sont des impératifs absolus de sécurité civile, d’intégration régionale et de protection des populations.
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Bâtir une ceinture d’interconnexion numérique résiliente en zone CEEAC
Les travaux menés à Brazzaville posent les fondations d’un espace communautaire plus sûr, où la solidarité numérique supplée les carences isolées des réseaux nationaux face aux violences climatiques.
L’adoption définitive de ces plans d’urgence nationaux harmonisés offrira aux régulateurs et aux opérateurs de la CEEAC un cadre d’action standardisé pour contractualiser les obligations de redondance et tester régulièrement la résilience des artères de transmission critiques. En impulsant cette démarche de convergence technique depuis les rives du fleuve Congo, les régulateurs d’Afrique centrale démontrent que l’anticipation méthodologique demeure le bouclier le plus efficace pour protéger les citoyens et accélérer le redressement des économies après les tempêtes.



