Présidentielle : l’état-major finalise le dispositif de sécurisation et le vote anticipé des 55 000 à 60 000 agents de la force publique
Le chef d’état-major général des FAC, le général de division Guy Blanchard Okoï, a ouvert le 9 février à Brazzaville la conférence finale de planification des engagements de la force publique pour l’élection présidentielle. Le vote anticipé des militaires, gendarmes et policiers est fixé au 12 mars, trois jours avant le scrutin général du 15 mars.
La conférence, qui s’est tenue du 9 au 11 février au poste de commandement de la zone militaire de défense n°9 à Brazzaville, a réuni les membres du Groupe d’anticipation stratégique (GAS), les autorités du ministère de la Défense nationale (dirigé par le général Charles Richard Mondjo) et du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (Raymond Zéphirin Mboulou), ainsi que les commandants des secteurs opérationnels.
L’objectif : finaliser et valider les documents directeurs relatifs aux deux engagements de la force publique — le vote anticipé des personnels le 12 mars et la sécurisation de l’ensemble du processus électoral le 15 mars.
Le général de brigade François Osselé, coordonnateur de la commission d’organisation et directeur des opérations de l’état-major général des FAC, a précisé que les travaux visaient à ce que tous les échelons — stratégique, central et territorial — s’approprient les documents directeurs validés.
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Deux phases de planification
Il s’agit de la deuxième conférence de planification. La première s’est tenue les 15 et 16 décembre 2025, dans la même salle. Selon le général Okoï, elle avait permis d’évaluer la situation sécuritaire, d’identifier les menaces et risques, de finaliser les opérations administratives du vote anticipé et de valider les paramètres du concept de sécurisation.
La conférence finale du 9-11 février a porté sur cinq points : les orientations techniques, l’organisation du vote anticipé, le concept de sécurisation, des travaux en ateliers mixtes, et la validation du rapport final.
Le général Okoï a rappelé que ce scrutin intervient dans un « contexte économique contraint » et que la force publique devait s’adapter au nouveau découpage administratif du territoire.
Le vote anticipé : ce qu’il faut savoir
Le vote anticipé des agents de la force publique est une pratique instituée en 2021, lors de la dernière présidentielle. C’est à cette occasion qu’il a été mis en œuvre pour la première fois au Congo. Les militaires, gendarmes et policiers votent avant le scrutin général pour être déployés le jour du vote sur les bureaux et les points de sécurisation.
En 2021, entre 55 000 et 60 000 agents avaient voté le 17 mars (quatre jours avant le scrutin du 21 mars), dans 131 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire. Le dépouillement de ces bulletins avait été reporté au jour du scrutin général, conformément à la loi électorale.
Pour 2026, le vote anticipé est fixé au jeudi 12 mars, qui est aussi jour de silence électoral. Le vote général se tient le dimanche 15 mars. L’effectif exact des votants de 2026 n’a pas été communiqué lors de la conférence.
Le contexte sécuritaire du scrutin
Le scrutin du 15 mars 2026 est précédé de mesures déjà annoncées : fermeture des frontières terrestres, aériennes et fluviales le jour du vote (arrêté du 20 février signé par le ministre Mboulou). Aucune disposition relative aux communications numériques n’a été communiquée pour 2026.
Le général Okoï
Le général de division Guy Blanchard Okoï, né le 20 mars 1961, est chef d’état-major général des FAC depuis le 8 novembre 2012, succédant au général Charles Richard Mondjo (devenu ministre de la Défense). Formé à l’école polytechnique, au collège militaire d’Aix-en-Provence, à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr et à l’école d’application d’Angers, il a participé à la MINUAR (mission des Nations unies au Rwanda) en 1994. Il est officier de la Légion d’honneur (2014, décerné par François Hollande) et détenteur de la Croix de la valeur militaire française.
Il occupe ce poste depuis plus de treize ans — une longévité inhabituelle à ce niveau de commandement, qui s’explique par sa proximité avec la présidence. En qualité de coordonnateur du GAS, il est l’interlocuteur militaire central du processus électoral.



