Le 26 février à Brazzaville, le comité de pilotage du Projet d’accélération de la transformation numérique (PATN) a adopté son budget 2026, arrêté à 21 milliards 872 millions FCFA. Financé par la Banque mondiale (100 millions de dollars), l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement (enveloppe totale : 136,5 millions d’euros).
Ce qui a été annoncé
Le Projet d’accélération de la transformation numérique (PATN) a tenu sa cinquième session de comité de pilotage le 26 février 2026 à Brazzaville, sous la présidence de Sylvain Lekaka. Le budget exercice 2026 a été adopté à l’unanimité : 21 milliards 872 millions FCFA en recettes et en dépenses.
Le coordonnateur du PATN, Michel Ngakala, a précisé trois axes de travail pour 2026 : la connectivité des zones rurales, la construction d’un centre multimédia et l’accompagnement du ministère de l’Intérieur dans la mise en œuvre d’applications numériques. La Banque mondiale, co-financeur du projet, définira un programme d’activités détaillé pour les dix prochains mois.
Le PATN : un projet structurant à trois financeurs
Le PATN a été lancé en janvier 2023 à Brazzaville (cérémonie officielle le 24 janvier, sous l’égide de Jean-Jacques Bouya, ministre de l’Aménagement du territoire). Il est financé à trois niveaux :
La Banque mondiale apporte 100 millions de dollars (approuvés le 2 juin 2022, référence projet P175592). L’Union européenne a ajouté un don (accord signé le 30 décembre 2023). La Banque européenne d’investissement (BEI) a complété par un prêt (accord du 30 décembre 2022). L’enveloppe totale consolidée atteint 136,5 millions d’euros (89,4 milliards FCFA), selon la BEI. Le volet européen a été officiellement lancé le 17 juin 2025 par le ministre Léon Juste Ibombo, en présence de l’ambassadrice de l’UE Anne Marchal et de la cheffe d’unité de la BEI Svetla Stoeva.
Le projet est prévu pour cinq ans (horizon 2027) et s’inscrit dans le Plan national de développement 2022-2026 et la stratégie « Congo Digital 2025 ».
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Les cinq objectifs du PATN
Le PATN poursuit cinq objectifs documentés dans les sources officielles de la Banque mondiale :
Connecter les zones blanches en internet haut débit (4G), là où les opérateurs n’ont pas l’obligation de couverture car le marché n’est pas rentable. Dématérialiser les services publics via un portail unique (e-GOUV) et un intranet gouvernemental sécurisé. Digitaliser l’état civil, en partenariat avec Thales pour l’identité numérique. Former 1 200 jeunes aux compétences numériques, via le Centre africain de recherche en intelligence artificielle (CARIA). Connecter les universités Marien-Ngouabi (Brazzaville) et Denis-Sassou-N’Guesso (Kintélé), et renforcer la cybersécurité nationale.
Le volet européen ajoute des sous-projets spécifiques lancés en novembre 2025 : système d’information pour l’enseignement supérieur, renforcement du système de lutte contre les épidémies, digitalisation du Conseil des ministres.
Où en est-on après trois ans ?
En octobre 2025, le ministre Léon Juste Ibombo a communiqué un état d’avancement lors d’une visite de la Banque mondiale : 76 sites de connectivité ont été construits et équipés à travers le pays, dont 20 connectés à l’internet haut débit. L’objectif était de connecter l’ensemble des 76 sites en 4G avant fin 2025.
En mars 2025, le ministre avait inspecté plusieurs sites connectés à Brazzaville (Centre d’identification civile, CHU, mairie et commissariat de Ouenzé), équipés de générateurs, onduleurs et points d’accès Wi-Fi. Il avait annoncé que cinq ans de connectivité haut débit avaient été offerts à toutes les administrations connectées dans le cadre du PATN.
En parallèle, le réseau national de fibre optique entre Pointe-Noire et Brazzaville a fait l’objet d’une modernisation distincte (lancée en juillet 2024, partenariat Silicone Connect/Nokia, technologie DWDM, capacité portée à 200 Gb, budget de 3,2 millions d’euros).
Le Congo comptait début 2025 environ 2,46 millions d’utilisateurs d’internet, soit 38,4 % de la population (DataReportal).



