L’étau se resserre brutalement autour des acteurs financiers clandestins opérant en République du Congo. Le lundi 1er juin 2026 à Brazzaville, le directeur général de l’Agence de régulation des transferts de fonds (ARTF), Jean Claude Bazebi, a officiellement lancé un ultimatum de régularisation d’urgence à tous les opérateurs de change et de transfert de fonds exerçant dans l’illégalité.
Cette offensive réglementaire s’avère capitale : en convoquant les chefs de missions diplomatiques de plusieurs pays africains et arabes sous l’égide du Conseil supérieur islamique du Congo, l’ARTF engage un bras de fer décisif pour stopper l’évasion fiscale, réguler les flux financiers et éradiquer définitivement le blanchiment des capitaux.
L’ultimatum de Jean Claude Bazebi : Les ambassadeurs convoqués face à la loi de finances
Face à la prolifération des comptoirs clandestins et du cafouillage financier, le patron de l’ARTF a choisi la méthode forte en impliquant directement la diplomatie internationale. Les ambassadeurs, chargés d’affaires et consuls du Liban, du Bénin, du Tchad, des deux Guinée, de la Mauritanie, de la Gambie, de la Tunisie et du Sénégal ont été réunis lors d’une séance spéciale. Lors de cette rencontre, Jean Claude Bazebi a rappelé avec fermeté les exigences strictes de l’article 13 nouveau de la loi de finances, qui impose à tout agent économique de s’enregistrer auprès de l’agence pour être répertorié dans le registre national et de déclarer l’intégralité de ses transactions au plus tard le 10 de chaque mois suivant.
Le message délivré aux diplomates est sans équivoque : la phase de sensibilisation pédagogique touche à sa fin et la tolérance zéro est désormais activée. Les opérateurs économiques expatriés qui refusent de déclarer leurs structures s’exposent à des sanctions pécuniaires et correctives particulièrement sévères. Pour matérialiser cette menace, le directeur général de l’ARTF a officiellement annoncé avoir donné mandat écrit aux forces de l’ordre pour mener des opérations de contrôle et traquer les contrevenants sur l’ensemble du territoire national. Face à cette fermeté, les diplomates présents ont salué l’initiative, reconnaissant l’obligation pour leurs compatriotes de se conformer aux lois du pays d’accueil, et se sont engagés à relayer l’ordre de régularisation.
Une plateforme numérique de contrôle en temps réel pour verrouiller les flux de capitaux
Pour ne laisser aucune chance aux fraudeurs et moderniser son système de surveillance, l’ARTF passe à l’ère du numérique. Jean Claude Bazebi a fait visiter aux chefs de délégations diplomatiques une toute nouvelle plateforme digitale hautement sécurisée sur laquelle chaque transactionnaire est désormais obligé de s’enregistrer. Ce dispositif technique de dernière génération permet à l’État congolais de réguler, de tracer et de contrôler en temps réel l’ensemble des transactions financières entrantes et sortantes du pays.
Grâce à cet outil de contrôle numérique, le gouvernement sera en mesure d’évaluer scientifiquement les flux financiers réels et de consolider l’élaboration de la balance des paiements. Établissement public doté de compétences larges, l’ARTF utilise cette technologie pour remplir ses missions fondamentales : suivre la constitution et la liquidation des investissements directs étrangers, veiller au fonctionnement légal des sociétés de transfert et, surtout, bloquer les circuits financiers opaques suspectés de nourrir le financement du terrorisme.

💡 Pourquoi c’est important
En cette première semaine de juin 2026, la reprise en main du secteur des devises par l’ARTF démontre que la République du Congo refuse de voir son économie asphyxiée par des circuits financiers parallèles et non taxés.Dans un contexte de réformes budgétaires, chaque franc CFA qui quitte le territoire en dehors des circuits légaux constitue un manque à gagner dramatique pour le Trésor public et le financement des infrastructures nationales. C’est capital : en traquant le change clandestin et les transferts informels, Jean Claude Bazebi protège la souveraineté économique du pays. L’activation de la plateforme numérique en temps réel et le mandat donné aux forces de l’ordre prouvent que le Congo se dote des mêmes standards de sécurité financière que les grandes puissances mondiales. Ce verrouillage des flux de capitaux coupe court au blanchiment d’argent et rassure les institutions financières internationales sur la transparence et la fiabilité de la place financière de Brazzaville.
Vers une restructuration globale du marché des changes et du secteur des transferts
La mise en application de ces mesures de coercition va profondément modifier l’écosystème commercial congolais, en particulier dans les secteurs où l’activité informelle restait tolérée. Les bureaux de change et les agences de transfert de fonds n’ont d’autre choix que de s’aligner sur la légalité pour préserver leurs activités.
Les experts financiers estiment que cette purge réglementaire va assainir le marché, éliminer la concurrence déloyale imposée par les structures clandestines aux entreprises citoyennes, et stabiliser le secteur des investissements. La conformité stricte aux textes réglementaires devient le nouveau mot d’ordre à Brazzaville et Pointe-Noire.
L’offensive lancée par Jean Claude Bazebi et l’ARTF marque un tournant historique dans la lutte pour la transparence financière en République du Congo. En combinant l’ingénierie numérique de sa plateforme de contrôle et l’intervention des forces de l’ordre, l’État congolais montre qu’il dispose désormais des outils nécessaires pour faire respecter sa loi de finances auprès de toutes les communautés. Reste désormais à savoir si le déploiement sur le terrain se fera sans heurts et si la pression diplomatique suffira à pousser les derniers récalcitrants à abandonner la clandestinité pour s’intégrer définitivement dans le tissu économique formel du pays.



