Confronté à la réalité des délestages qui pèsent sur le quotidien des foyers, le Chef de l’État congolais brise les tabous. Entre aveu lucide et ambition technologique, Denis Sassou Nguesso dévoile une feuille de route concrète pour achever la transition d’un réseau obsolète vers une véritable autonomie énergétique moderne.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Le défi du quotidien : transformer l’aveu en action
Le Président Denis Sassou Nguesso l’admet sans détour : l’accès à l’eau et à l’électricité reste un combat de chaque instant pour de nombreux Congolais. « L’eau, c’est la vie », rappelle-t-il, soulignant qu’aucun dirigeant ne peut se satisfaire de priver son peuple de services aussi essentiels. Ce constat lucide sur les coupures actuelles ne cache pas une volonté de fer : celle de rompre avec la précarité pour offrir à chaque citoyen le confort d’une infrastructure digne d’un pays émergent.
Cette bataille est cruciale car elle touche au cœur de l’économie et de la dignité humaine. Pour le gouvernement, l’objectif est désormais de stabiliser le réseau urbain tout en apportant des solutions innovantes dans l’arrière-pays. C’est un changement de paradigme qui s’opère, où la technologie est mise au service du bien-être social immédiat.
De 18 à 800 MW : le grand saut hors de l’époque coloniale
Pour comprendre l’ampleur du défi, un rappel historique s’impose. À l’indépendance, le Congo ne disposait que de 18 MW de puissance installée, essentiellement réservés aux quartiers de la « colonie blanche » dans une forme d’apartheid énergétique. Aujourd’hui, grâce à des investissements massifs, le pays a atteint les 800 MW. Cette multiplication par plus de 40 de la capacité de production témoigne de la transformation profonde de l’outil de défense économique national.
Cependant, le Président reconnaît que cette puissance ne suffit pas si le transport fait défaut. Les coupures actuelles s’expliquent par la vétusté des réseaux et la fragilité de la ligne reliant la centrale à gaz de Pointe-Noire au reste du pays. Pour y remédier, les travaux de construction d’une nouvelle ligne très haute tension entre Pointe-Noire et Brazzavillesont en cours et devraient être finalisés sous 12 mois, garantissant enfin la fluidité de l’électricité.
Eau potable : l’ambition du solaire et du Plan Mattei
La stratégie pour l’eau suit la même logique de modernisation accélérée. Le Congo s’est associé à l’Italie dans le cadre du Plan Mattei pour augmenter massivement ses capacités de production. En attendant les grands chantiers, des mesures d’urgence sont déployées avec la réalisation de 10 forages autour de Brazzaville et 5 à Pointe-Noire. L’idée est de saturer les zones urbaines pour mettre fin aux pénuries intermittentes.
Dans le monde rural, l’innovation est au rendez-vous avec un projet ambitieux de 4 800 forages équipés de pompes à énergie solaire. Si 2 800 forages ont déjà été réalisés, le Chef de l’État déplore le vandalisme qui en a détruit 2 500, obligeant l’État à recommencer ses efforts. Ce pari sur le solaire démontre la volonté de sortir du modèle centralisé pour offrir une autonomie réelle aux villages les plus reculés.
💡 Pourquoi c’est important ?
La réussite de ce plan de modernisation est le socle de l’industrialisation du Congo. Passer de 800 MW à plus de 1 000 MW et sécuriser l’accès à l’eau potable via le solaire ne sont pas seulement des exploits techniques, mais la garantie d’une stabilité sociale. C’est en sécurisant ces fondamentaux que le pays pourra pleinement réussir sa diversification économique et offrir un avenir serein à sa jeunesse.
Vers une souveraineté énergétique totale ?
Le chemin parcouru depuis 1960 est immense, mais les 12 prochains mois seront décisifs pour la perception du changement par les citoyens. La fin des travaux de la ligne haute tension et le déploiement massif des forages solaires marquent le point de non-retour vers une autonomie énergétique totale. Le Congo ne se contente plus de produire, il apprend à distribuer équitablement la richesse de ses ressources à chaque foyer.
L’émotion est palpable quand le Président évoque la nécessité pour les jeunes de comprendre cette évolution. Le défi est désormais collectif : protéger les infrastructures contre le vandalisme pour que l’effort de la nation ne soit pas vain. Le Congo de demain se construit fil par fil, forage par forage, dans une marche résolue vers la modernité.



