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TikTok au Congo : des millions de vues, zéro franc de monétisation directe

Llunga Bantsimba Par Llunga Bantsimba
07/03 16:01
dans Actualité, Économie, Flash Infos, Tech IA
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TikTok au Congo : des millions de vues, zéro franc de monétisation directe

TikTok au Congo : des millions de vues, zéro franc de monétisation directe

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Deuxième réseau social le plus utilisé en Afrique subsaharienne, TikTok séduit massivement la jeunesse congolaise. Mais la plateforme chinoise ne rémunère pas ses créateurs au Congo-Brazzaville : le programme de monétisation n’y est pas disponible. Entre stratégies de contournement et partenariats locaux, les TikTokeurs congolais inventent un modèle économique sans filet.

La scène se répète chaque jour dans les quartiers de Brazzaville et de Pointe-Noire. Un jeune sort son téléphone, lance une vidéo, enchaîne les prises. Le contenu part sur TikTok. En quelques heures, quelques milliers de vues. Parfois davantage. La plateforme chinoise, lancée en 2016, est devenue en moins d’une décennie le deuxième réseau social le plus utilisé en Afrique subsaharienne derrière Facebook, selon une étude de GeoPoll publiée en 2023. En Afrique francophone subsaharienne, 42 % des internautes déclarent posséder un compte TikTok selon l’étude Africascope 2022-2023 de Kantar, menée dans huit pays dont le Congo-Brazzaville. Au Sénégal, ce chiffre atteint 72 %.

À l’échelle mondiale, TikTok revendique environ 1,6 milliard d’utilisateurs actifs mensuels en 2025. La région Moyen-Orient et Afrique totalise à elle seule 233,9 millions d’utilisateurs, soit 22,5 % de la base mondiale. Plus de 80 % des créateurs de contenu sur la plateforme ont moins de 34 ans. Le Congo-Brazzaville, avec sa population très jeune et un taux de pénétration de la téléphonie mobile supérieur à 100 %, est un terrain fertile pour cette expansion.

Le mur de la monétisation

Mais derrière les vues et les likes, une réalité économique s’impose. Le programme officiel de monétisation de TikTok — le Creator Rewards Program, qui a remplacé le Creator Fund en 2023 — n’est pas disponible au Congo-Brazzaville. Il est limité à quatorze pays dans le monde, principalement en Amérique du Nord, en Europe occidentale et dans certaines parties de l’Asie. Aucun pays d’Afrique n’y est éligible.

Concrètement, cela signifie qu’un créateur congolais peut produire un contenu viral, accumuler des centaines de milliers de vues et ne recevoir aucun centime de TikTok. La plateforme ne partage pas ses revenus publicitaires avec les créateurs situés dans les pays non éligibles. Cette exclusion géographique touche l’ensemble du continent africain, à l’exception de quelques dispositifs partiels dans certains pays anglophones.

Le rapport Ecofin Pro de mai 2024, intitulé « Création de contenus en Afrique : les défis de la monétisation directe », documente cette impasse. YouTube ne prend en compte que 13 pays africains sur 55 pour sa monétisation. TikTok, aucun. Le rapport rappelle que la valeur du marché mondial de la création de contenu devrait atteindre 470 milliards de dollars en 2027, selon Goldman Sachs. Mais les créateurs africains restent largement en dehors de cette économie.

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Les stratégies de contournement

Face à ce blocage, les TikTokeurs congolais développent des stratégies alternatives. La plus répandue est le partenariat avec des marques locales. Des entreprises congolaises — opérateurs téléphoniques, brasseries, marques de cosmétiques, commerces — commencent à solliciter des créateurs disposant d’une audience engagée pour des placements de produits, des vidéos sponsorisées ou des campagnes promotionnelles. Selon les données disponibles pour la RDC voisine, un partenariat peut rapporter jusqu’à 500 dollars pour trois vidéos avec un micro-influenceur. Au Congo-Brazzaville, les montants sont probablement inférieurs, mais le principe est le même : la marque paie directement le créateur, en dehors de toute intervention de TikTok.

D’autres stratégies existent. Les cadeaux virtuels lors des lives, où les spectateurs envoient des « coins » convertibles en argent, fonctionnent dans certains pays africains mais avec des montants très modestes. L’affiliation — promouvoir un produit et toucher une commission sur les ventes générées — est pratiquée par certains créateurs, mais suppose une audience suffisamment importante et ciblée. Enfin, certains créateurs utilisent TikTok comme vitrine pour rediriger vers des activités extérieures : vente de vêtements, cours en ligne, prestations de services.

Une solution plus risquée circule également : l’utilisation d’un VPN pour simuler une localisation dans un pays éligible à la monétisation. Cette pratique, largement relayée dans les tutoriels en lingala et en français sur TikTok même, expose les créateurs à la désactivation de leur compte si la plateforme détecte l’artifice.

Divertissement, information ou commerce ?

Sur TikTok au Congo, les contenus ne se limitent pas à la danse et à l’humour. La plateforme accueille des vidéos de cuisine locale, des tutoriels de couture et de coiffure, des cours de langues, des commentaires politiques, des reportages amateurs sur la vie quotidienne à Brazzaville et Pointe-Noire, et de plus en plus de contenus à vocation commerciale : présentation de produits, promotion de services, vidéos pour des événements. La frontière entre divertissement et activité économique s’estompe.

Pour un jeune couturier de Makélékélé ou une coiffeuse de Bacongo, TikTok est avant tout un outil de visibilité. La vidéo d’une création peut toucher en quelques heures une audience que ni un panneau publicitaire ni une page Facebook ne permettraient d’atteindre. Le problème n’est pas l’audience — elle est là. Le problème est la conversion de cette audience en revenus.

La double peine africaine

Le rapport Ecofin Pro identifie une menace supplémentaire pour les créateurs africains : les influenceurs virtuels générés par l’intelligence artificielle. Ces avatars numériques, entièrement fictifs, accumulent des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et attirent des budgets publicitaires qui auraient pu aller vers des créateurs humains. L’influenceuse virtuelle brésilienne Lu do Magalu compte 12 millions d’abonnés sur Facebook, 6,4 millions sur Instagram et 7,2 millions sur TikTok. Les créateurs africains, déjà exclus de la monétisation directe, risquent de voir leur principale source de revenus alternative — les partenariats sponsorisés — captée par des concurrents virtuels pilotés depuis d’autres continents.

Cette situation pose une question de fond : les plateformes numériques mondiales profitent de l’audience africaine — les vues, les données, le temps d’écran — sans redistribuer une part de la valeur créée aux créateurs qui la génèrent. Le marché publicitaire digital africain dépasse 2,5 milliards de dollars en 2025. Mais l’essentiel de cette somme est capté par les sièges mondiaux des plateformes, pas par les créateurs locaux.

Un cadre réglementaire inexistant

Au Congo-Brazzaville, il n’existe pas à ce jour de cadre juridique spécifique encadrant l’activité des créateurs de contenu numérique. Pas de statut officiel d’influenceur, pas d’obligation de déclaration des partenariats sponsorisés, pas de fiscalité adaptée aux revenus générés en ligne. En Côte d’Ivoire, des discussions ont été amorcées début 2026 sur la structuration de la monétisation des contenus numériques, avec un objectif fixé à fin 2026 par la ministre de la Culture, Françoise Remarck. Le Nigeria, de son côté, a commencé à cibler les influenceurs pour la collecte d’impôts sur les revenus digitaux.

Le Congo-Brazzaville n’en est pas encore là. Pour les créateurs congolais, TikTok reste un espace de liberté créative, un outil de visibilité et, pour les plus habiles ou les mieux connectés, une source de revenus indirecte. Mais pas encore un vrai business structuré.

La question n’est pas de savoir si TikTok est un divertissement ou un business au Congo. La réponse est : c’est les deux, mais dans un environnement où la plateforme prend tout — l’attention, les données, le temps d’écran — et ne rend presque rien. Pour que TikTok devienne un vrai levier économique pour la jeunesse congolaise, il faudra soit que la plateforme ouvre sa monétisation au continent, soit que les créateurs et les pouvoirs publics construisent un écosystème local qui ne dépende pas du bon vouloir d’une entreprise étrangère.

TikTok peut-il devenir un vrai levier économique pour les jeunes Congolais ? Partagez et donnez votre avis en commentaire.

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