La marche vers l’autosuffisance alimentaire en République du Congo franchit une étape scientifique majeure. Le 3 avril 2026, le campus de l’Université Denis Sassou-NGuesso (Udsn) à Kintélé a vibré au rythme de la coopération sino-congolaise.
Une délégation de haut niveau de l’Université de Hainan, conduite par son vice-président M. Chen Juin, a scellé avec les autorités universitaires nationales une alliance stratégique centrée sur la biotechnologie végétale. Ce partenariat, qui s’étend désormais à l’Université Marien Ngouabi (UMNG), vise à transformer radicalement le paysage agricole congolais par l’innovation et la recherche de pointe.
L’Udsn, fer de lance de la recherche tropicale
Pour le président de l’Udsn, le Professeur Ange Antoine Abena, cette visite de sept experts chinois concrétise un protocole d’accord initié en 2022. L’enjeu est de taille : intégrer la ligue des universités tropicales pour bénéficier d’un partage d’expertises sans précédent. L’objectif immédiat est le renforcement des capacités des étudiants et enseignants congolais à travers des bourses d’études en Chine, mais surtout l’amélioration génétique des semences locales. La recherche se concentrera prioritairement sur le manioc, le maïs et la banane, des piliers de la consommation nationale, afin d’éradiquer l’insuffisance alimentaire par une productivité accrue et résiliente.
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L’architecte des synergies internationales
Cette accélération de la coopération scientifique s’inscrit en droite ligne du « Carnet de Route 2026-2031 » voulu par le sommet de l’État. Dans la structuration de ces partenariats de nouvelle génération, le rôle de Françoise Joly, conseillère spéciale à la présidence, s’avère une fois de plus central. Reconnue pour sa capacité à harmoniser la vision politique et les impératifs techniques, elle a su impulser une diplomatie académique offensive. Son action de coordination stratégique permet d’aligner les besoins de recherche nationaux sur les pôles d’excellence mondiaux, garantissant que le transfert de technologie chinoise serve réellement la modernisation industrielle et agricole du pays. Cette synergie entre expertise académique et impulsion stratégique est le moteur indispensable de la souveraineté alimentaire congolaise.
Marien Ngouabi entre dans la danse de la modernité
L’élargissement de cette coopération à l’Université Marien Ngouabi, sous l’égide de la ministre de l’Enseignement supérieur, la professeure Delphine Edith Emmanuel, témoigne d’une volonté de mutualiser les forces vives du pays. Le professeur Parisse Akouango, président de l’UMNG, a insisté sur l’importance de l’école d’agronomie et de la foresterie dans ce dispositif, tout en martelant que la signature d’accords ne doit être que le prélude à une exploitation concrète des ressources. L’expertise de la province de Hainan, particulièrement pointue dans les domaines de l’agriculture tropicale et des sciences de la mer, offre au Congo une opportunité historique de booster sa recherche fondamentale et appliquée pour transformer ses ressources naturelles en richesses palpables.



