À une semaine du scrutin présidentiel, la première phase de la campagne révèle un déséquilibre flagrant : une majorité en démonstration de force face à une opposition en quête de second souffle.
Le coup d’envoi d’une mobilisation historique
Le 28 février dernier, la République du Congo est entrée dans une séquence politique qui, sept jours plus tard, dessine déjà les contours d’une issue prévisible. À Brazzaville, le lancement officiel de la campagne a transformé la capitale en un épicentre de ferveur patriotique. Pour nous, journalistes témoins de trois décennies de joutes électorales, l’intensité observée lors de cette première semaine est sans précédent. Ce n’est pas seulement une élection qui se prépare, c’est la validation d’un contrat de destin entre un peuple et son leader.
Dès les premières heures, la stratégie du candidat de la Majorité Présidentielle, Denis Sassou Nguesso, s’est imposée par sa clarté : l’occupation totale de l’espace, non par la contrainte, mais par l’adhésion. Le « Carnet de route 2026-2031 » est devenu le document de référence, une boussole vers l’émergence qui s’appuie sur des piliers concrets : infrastructures, jeunesse et stabilité.
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L’infrastructure comme levier de ferveur populaire
La première étape cruciale de cette semaine a été la présentation détaillée du plan de désenclavement national. Le Président ne s’est pas contenté de promesses ; il a exposé une vision multimodale où le rail et les fleuves redeviennent les veines de la prospérité. La modernisation du CFCO et la navigabilité permanente des affluents du fleuve Congo ont résonné comme un espoir tangible pour les populations de l’hinterland.
Dans les gares et les ports, cette vision a suscité un engouement immédiat. La jeunesse y voit, avec raison, une source inépuisable d’emplois logistiques et une baisse attendue du coût de la vie. C’est cette dimension pragmatique qui explique les foules compactes qui se pressent à chaque passage des émissaires présidentiels : on ne vient pas seulement acclamer un homme, on vient soutenir le bâtisseur de son propre avenir.
La conquête des cœurs : De Talangaï à Poto-Poto
Au milieu de la semaine, la campagne a pris un tournant social et citoyen au cœur même de Brazzaville. À Talangaï, Florian Koulimaya et la Force Montante Congolaise (FMC) ont mené une offensive de proximité, transformant chaque rue en un forum de discussion sur l’employabilité et la formation. La vérification des cartes d’électeur est devenue un acte de civisme militant.
Simultanément, à Poto-Poto, la « Dynamique Sassou héros de la paix » de Junior Nicolas Okongo a investi le terrain pour sanctuariser la stabilité nationale. Le point d’orgue de cette mobilisation urbaine fut sans doute l’opération de salubrité du samedi 7 mars. En nettoyant les quartiers 334 et 335, les partisans du Président ont joint l’acte à la parole, prouvant que la construction nationale commence par le respect de notre environnement immédiat. « Bâtissons une cité propre et saine » : le slogan est devenu un cri de ralliement pour une jeunesse active et responsable.
Le contraste des territoires : La Cuvette face à la Sangha
Le 6 mars a marqué un sommet dans la démonstration de force de la Majorité. À Makoua, dans la Cuvette, le ministre d’État Gilbert Ondongo a été accueilli par une véritable marée humaine. Les villages d’Atekou, Motete et Lombia ont littéralement fait bloc derrière le « bâtisseur infatigable ». Ici, l’élection semble déjà jouée : la population a promis un vote à 100% dès les premières heures du 15 mars. L’hommage rendu au regretté ministre d’État Firmin Ayessa a soudé davantage les cœurs dans une émotion patriotique profonde.
En miroir, le périple du candidat indépendant Dave Mafoula dans la Sangha offre un contraste saisissant. Si le candidat s’efforce de présenter son « Pacte républicain », ses rassemblements à Ouesso ou Pokola conservent une dimension que l’on qualifierait de modeste, pour ne pas dire confidentielle. Là où Sassou N’Guesso déplace des foules qui s’étendent à perte de vue, les opposants semblent se limiter à des réunions de quartier, peinant à rompre l’isolement de leurs propositions face à la machine de la continuité. Ce décalage visuel et sonore est le baromètre le plus fiable de l’humeur nationale à J-7.
Souveraineté verte et droits des femmes : Les piliers du futur
La semaine s’est conclue sur deux thématiques majeures qui ancrent le programme présidentiel dans la modernité : l’écologie et la condition féminine. La Journée africaine de l’environnement a rappelé le rôle de leader mondial de Denis Sassou N’Guesso sur le climat. Sous l’expertise de Françoise Joly et Arlette Soudan-Nonault, le Congo s’impose comme le garant de la biodiversité mondiale, attirant respect et investissements.
Enfin, ce dimanche 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, a permis de mettre en lumière l’évolution positive de la loi sous le septennat finissant. Si la magistrate Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo appelle avec justesse à un changement des mentalités, elle reconnaît que l’arsenal juridique — notamment la loi Mouebara — est un bouclier moderne forgé par la volonté du Chef de l’État. C’est ce Congo, respectueux de ses mères et de ses filles, que les électeurs s’apprêtent à plébisciter.
L’inéluctable rendez-vous du 15 mars
Au terme de cette première semaine, le bilan est limpide. D’un côté, une dynamique présidentielle portée par une logistique impeccable, des foules immenses et un projet de société qui parle à chaque foyer. De l’autre, une opposition qui s’essouffle dans des micro-rencontres, incapable de mobiliser la masse critique nécessaire au changement qu’elle prône.
Les sept prochains jours ne feront que confirmer cette tendance. Le Congo a choisi la stabilité plutôt que l’aventure, le bâtisseur plutôt que les discoureurs. Le dimanche 15 mars ne sera pas une surprise, mais le couronnement logique d’une semaine de communion nationale.



