Signé le 5 août 2026 à Abuja entre le Secrétariat général de la ZLECAf et la société Bergmans (via sa filiale AfriTrade CMP), ce contrat sur 20 ans vise à numériser l’ensemble des procédures douanières du continent. Traçabilité des marchandises, lutte contre la corruption et baisse des délais transfrontaliers constituent le cœur de cet accord stratégique.
Ce lundi 10 août 2026, l’intégration commerciale et la transformation numérique du continent africain franchissent un palier historique. À l’issue d’une cérémonie officielle tenue le 5 août à Abuja (Nigeria), le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, et les dirigeants de la société nigériane Bergmans Security Consultants and Supplies ont scellé un contrat de concession colossal d’une durée de 20 ans, estimé à 3,1 milliards de dollars. Exécuté par la filiale AfriTrade CMP, ce projet titanesque ambitionne de numériser les formalités douanières et d’harmoniser les contrôles aux frontières dans cinquante pays africains, répondant à l’impératif de fluidifier le commerce intra-africain.
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Numérisation, suivi en temps réel et recettes publiques : Neutraliser la corruption et la fraude douanière
Pour les instances de la ZLECAf, la modernisation technologique des frontières constitue la clef de voûte de la stratégie d’intégration continentale. La persistance de démarches manuelles et d’inspections physiques opaques crée un terrain favorable aux tracasseries, à la sous-facturation, aux fuites de recettes budgétaires et à la corruption. La plateforme développée par AfriTrade CMP introduira le suivi par géolocalisation des cargaisons en temps réel, le partage automatisé des données de transit entre administrations et l’interconnexion des guichets uniques nationaux.
Pour réussir ce déploiement à l’échelle de 50 États, le groupe Bergmans s’appuiera sur son expertise éprouvée lors du chantier de modernisation des douanes nigérianes, une réforme qui a permis de booster les recettes douanières du Nigeria de 90,4 %. En éliminant les goulets d’étranglement administratifs, la ZLECAf entend accélérer la dynamique d’échanges, qui ont atteint 220 milliards de dollars en 2024 (+12,5 % sur un an), avec pour cible le doublement de ces flux commerciaux à l’horizon 2035.
Défis logistiques et zones d’ombre : Le Conseil des ministres du Commerce face au calendrier d’exécution
Malgré la portée historique de cette alliance scellée dans le sillage du Digital Trade Forum de Lagos, plusieurs questions de gouvernance demeurent en suspens. Le Secrétariat général de la ZLECAf n’a pas encore divulgué le calendrier détaillé du déploiement pays par pays, ni le modèle économique encadrant la rémunération du concessionnaire privé sur la durée de la concession de 20 ans.
Ces interrogations seront débattues lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres du Commerce de la ZLECAf, qui examinera le volet d’avancement du protocole sur le commerce numérique. Pour transformer pleinement cet outil technologique en levier de croissance, les États africains devront corriger en parallèle le déficit d’infrastructures routières et ferroviaires et démanteler les barrières non tarifaires qui freinent la concrétisation du marché unique.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la signature du contrat de 3,1 milliards de dollars avec le groupe Bergmans est fondamentale car elle s’attaque au blocage majeur du commerce africain : la lourdeur des passages frontaliers. Analyser cette concession comme un simple contrat informatique serait une erreur de perspective : faire sauter les verrous bureaucratiques aux frontières grâce à un opérateur africain constitue le seul moyen de baisser les coûts logistiques et de crédibiliser la ZLECAf.
Numériser 50 administrations douanières, éradiquer la sous-facturation et sécuriser les recettes publiques sont des enjeux de souveraineté économique, d’attractivité financière et d’intégration continentale absolus pour la période 2026-2030. Si la plateforme AfriTrade CMP est déployée avec rigueur, l’Afrique posera les bases d’un marché fluide et interconnecté.
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Prospective 2026-2030 : Du passage douanier numérisé à l’essor du marché unique africain
L’attribution de cette méga-concession à un champion technologique du continent marque la maturité de la diplomatie commerciale africaine. La convergence des systèmes douaniers nationaux offrira aux PME et aux grands groupes industriels la prévisibilité requise pour investir dans les chaînes de valeur sous-régionales.
Pour la période 2026-2030, le succès de cette transformation numérique dépendra de la volonté politique des États membres d’interconnecter leurs bases de données douanières et d’harmoniser leurs régimes fiscaux. Le suivi rigoureux des étapes du protocole sur le commerce numérique permettra d’assurer un saut qualitatif dans la gestion des flux de marchandises.
Le choix stratégique opéré en ce début d’août 2026 confirme que la maîtrise de la technologie et de la traçabilité constitue la condition sine qua non de la prospérité du commerce intra-africain.



