Réunis en sommet à Brazzaville, les ministres de la CEMAC menacent de mise en demeure les opérateurs téléphoniques et les régulateurs qui bloquent le déploiement du Free roaming. Un dispositif de sanctions financières est en préparation.
En ce lundi 15 juin 2026, l’intégration numérique de l’Afrique centrale fait l’objet d’un arbitrage politique et réglementaire d’une extrême fermeté. Réunis à Brazzaville le 13 juin à l’occasion de la 45e session ordinaire de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), les ministres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) ont formellement exigé des autorités nationales de formuler une mise en demeure immédiate à l’encontre des opérateurs télécoms et des régulateurs retardataires. Cette offensive de régulation s’avère d’une importance capitale : en s’attaquant aux résistances corporatistes qui freinent la suppression des frais d’itinérance mobile à l’étranger, le Conseil des ministres entend libérer l’économie numérique régionale, fluidifier le climat des affaires et poser les bases d’un véritable marché commun interconnecté.
La fin du racket de l’itinérance mobile : Pourquoi la CEMAC prépare des sanctions
Le Free roaming, qui désigne la suppression ou la réduction drastique des tarifs de télécommunication lorsqu’un usager traverse une frontière de la sous-région, est considéré comme un levier d’intégration prioritaire par les instances communautaires. Las des promesses non tenues et des barrières techniques entretenues par certains géants du mobile, le Conseil des ministres a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le temps des négociations amiables est officiellement révolu, laissant place à une approche coercitive harmonisée.
Pour matérialiser cette reprise en main, les participants au sommet ont officiellement instruit la Commission de la CEMAC de coordonner des travaux urgents avec les experts des États membres et les autorités de régulation du secteur. L’objectif est de concevoir un arsenal juridique complet et un dispositif de sanctions lourdes en cas de non-respect du règlement communautaire relatif à l’itinérance sur les réseaux mobiles ouverts au public. Les opérateurs cellulaires n’auront plus d’autre choix que d’aligner leurs grilles tarifaires sous peine de lourdes amendes administratives et financières.

💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, le coup de colère des ministres de l’UEAC est capital car il démontre que l’intégration régionale ne peut plus être prise en otage par les intérêts financiers des multinationales des télécoms. Téléphoner ou utiliser internet au tarif local en voyageant entre le Congo, le Gabon ou le Cameroun est un droit économique pour les citoyens.
briser la résistance des opérateurs est un enjeu d’attractivité majeur. En harmonisant les règles du jeu numérique et en préparant des sanctions, la CEMAC accélère la transformation digitale de ses entreprises et facilite la mobilité des entrepreneurs. C’est le signal fort d’une Afrique centrale qui refuse les rentes de situation technologiques pour bâtir une souveraineté numérique moderne et connectée, capable de soutenir la croissance et l’innovation locale.
Redevance aérienne, statistiques et 500 millions de FCFA pour la Cour des comptes
Au-delà des télécommunications, ce sommet de Brazzaville a permis d’adopter des réformes structurelles majeures pour le développement régional. Le Conseil des ministres a validé le réaménagement de la redevance de sécurité aérienne régionale, un texte crucial qui concilie les impératifs de financement de la sécurité civile en Afrique centrale avec le maintien de la compétitivité du transport aérien. De plus, de nouveaux guides et manuels statistiques ont été adoptés pour fiabiliser la collecte des données macroéconomiques, dans le cadre du projet Hiswaca, afin de mieux guider l’élaboration des politiques publiques de la communauté.
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Le volet gouvernance a également été marqué par une communication du Premier président de la Cour des comptes communautaire. Pour pallier les difficultés de trésorerie de cette juridiction indispensable à la transparence financière, le Conseil a ordonné la transmission stricte des comptes administratifs par les agents comptables dans les délais légaux.Enfin, les ministres ont chaleureusement félicité la République du Cameroun, qui s’est formellement engagée à verser une dotation budgétaire de 500 millions de FCFA pour couvrir l’intégralité des dépenses de contrôle de la Cour des comptes pour l’exercice en cours, prouvant la solidarité institutionnelle de la sous-région.
Le Free roaming total sera-t-il effectif dans tous les pays de la CEMAC avant la fin 2026 ?
La fermeté affichée par les ministres de l’UEAC insuffle un immense sentiment d’espoir et de fierté chez les consommateurs d’Afrique centrale, impatients de voir tomber les frontières virtuelles de la téléphonie. Voir les gouvernants s’unir pour imposer des sanctions aux géants technologiques suscite une profonde adhésion républicaine.
Cependant, face aux stratégies de contournement des opérateurs mobiles et aux disparités techniques des régulateurs nationaux, l’UEAC parviendra-t-elle à rendre le Free roaming totalement opérationnel d’ici la fin de l’année ? Le débat sur l’autorité des institutions régionales face aux intérêts privés est totalement ouvert, la pression politique est maximale, et la projection vers un espace numérique communautaire unifié est résolument en marche.



