À seulement 24 ans, Pascal Boroto s’impose déjà comme l’une des nouvelles voix majeures de la littérature africaine. Originaire de Bukavu, en République démocratique du Congo, il vient de remporter le prestigieux Prix Voix d’Afriques 2026 pour son premier roman Le nom de ma mère, une œuvre intime, puissante et profondément ancrée dans les réalités du continent.
C’est officiel depuis ce vendredi 20 mars : Pascal Boroto est le lauréat de la 5e édition du Prix Voix d’Afriques, un concours littéraire de référence destiné à révéler les jeunes talents du continent.
Une consécration pour une nouvelle voix de la littérature africaine
Créé par RFI, les éditions JC Lattès et la Cité internationale des arts à Paris, ce prix distingue chaque année un auteur de moins de 30 ans écrivant en français.
Après des lauréats issus de Côte d’Ivoire, du Congo-Brazzaville et du Cameroun, c’est pour la première fois un écrivain de la République démocratique du Congo qui est récompensé. Une victoire symbolique, à la fois personnelle et continentale.
Un roman entre mémoire, héritage et engagement
Avec Le nom de ma mère, Pascal Boroto livre un récit profondément habité par l’absence, la transmission et la quête de sens.Fils de la journaliste Solange Lusiku, fondatrice d’un journal indépendant à Bukavu, il rend hommage à une figure maternelle forte, disparue prématurément en 2018. Une disparition qui devient le point de départ d’une écriture intime et engagée.
Dans son roman, l’auteur explore les tensions qui traversent son parcours : « Mon écriture est un pont, une main tendue… entre la vie et la disparition, entre la présence et le manque. » Une phrase qui résume toute la puissance d’un texte où l’intime rejoint le politique.
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De Bukavu à Goma : une trajectoire entre réalité et engagement
Au-delà du récit personnel, Le nom de ma mère s’inscrit dans une réalité bien concrète. Le narrateur, inspiré de l’auteur lui-même, rejoint le journal de sa mère avant de partir à Goma, au cœur d’une région marquée par les conflits et les déplacements de populations.
Sur le terrain, Pascal Boroto a lui-même mené des enquêtes dans des camps de déplacés et participé à des missions de collecte de données. Il a également fondé l’association Les Voix des Oubliés, dédiée à faire émerger les récits invisibles. Son roman devient ainsi un espace de témoignage, mais aussi de transmission.
Un jury d’exception et une reconnaissance continentale
Le prix, présidé cette année encore par l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021, a distingué Pascal Boroto parmi cinq finalistes sélectionnés à partir de manuscrits envoyés depuis toute l’Afrique.
Les éditions JC Lattès décrivent l’œuvre comme le parcours d’un jeune homme confronté à une question essentielle : « Comment porter la voix des autres quand on cherche la sienne ? »Une interrogation universelle, qui trouve un écho particulier dans le contexte africain contemporain.
Une génération qui écrit l’Afrique d’aujourd’hui
Avec cette distinction, Pascal Boroto incarne une nouvelle génération d’écrivains africains : ancrés dans leur territoire, mais porteurs d’une voix universelle. Le Prix Voix d’Afriques confirme ainsi sa vocation : révéler des récits capables de raconter le continent dans toute sa complexité — entre mémoire, engagement, douleur et espoir.
Et à travers Le nom de ma mère, c’est toute une Afrique qui s’exprime : celle des histoires intimes, des combats silencieux et des voix longtemps restées dans l’ombre.



