À l’issue du sommet historique d’Accra, le ministre Constant Serge Bounda a réaffirmé le leadership de la République du Congo pour imposer un front uni face aux anciennes puissances coloniales, exigeant justice morale et réparations.
Ce vendredi 19 juin 2026, la diplomatie mémorielle et la quête de justice historique du continent africain ont franchi un palier politique décisif dans la capitale ghanéenne. Le ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Constant Serge Bounda, a représenté avec force la République du Congo lors de la clôture des travaux du sommet panafricain consacré aux réparations liées à l’esclavage, à la traite transatlantique et au colonialisme. Cette mobilisation d’envergure s’avère d’une importance capitale : intervenant dans le sillage direct de l’adoption d’une résolution majeure des Nations unies en mars dernier sur les conséquences durables de la traite négrière transatlantique, elle vise à cimenter une position commune et indissociable entre les États africains et leurs diasporas pour forcer les anciennes puissances coloniales à engager un dialogue structuré sur la réhabilitation morale, la préservation des lieux de mémoire et la restitution des biens culturels spoliés.
Au-delà de l’argent : Le plaidoyer du Congo pour une justice morale et historique
Invité exclusif de l’émission Afrique midi sur Radio France internationale (RFI), le chef de la diplomatie congolaise, Constant Serge Bounda, a exposé sans détour la vision stratégique de Brazzaville sur ce dossier brûlant. Le ministre a rappelé avec fierté que pour toutes les questions qui concernent la mémoire de l’Afrique et qui visent à lui rendre sa dignité, le Congo se positionne au premier rang. Pour les autorités congolaises, le combat pour les réparations ne saurait se réduire à une simple transaction financière ; il s’inscrit fondamentalement dans une démarche globale de reconnaissance historique, de justice morale et de réhabilitation de la mémoire des millions d’Africains victimes de l’esclavage et de la colonisation.
Les assises d’Accra ont ainsi permis de jeter les bases de la déclaration finale, un texte cadre hautement stratégique qui définira les prochaines étapes de la mobilisation africaine. En insistant sur le fait que les séquelles économiques, culturelles et sociales de la traite négrière et de la colonisation sont encore cruellement perceptibles aujourd’hui dans de nombreux pays africains, les délégués ont pressé la communauté internationale de regarder l’histoire en face.

Un front uni face aux anciennes puissances : Restitution des biens et transmission mémorielle
La réussite de ce bras de fer mémoriel repose, selon Brazzaville, sur un impératif catégorique : l’unité absolue du continent africain. Constant Serge Bounda a vigoureusement insisté sur la nécessité pour l’Afrique de parler d’une seule et unique voix sur ces questions. Cette cohésion continentale, ardemment soutenue par l’Union africaine et plusieurs organisations régionales, constitue l’atout maître pour faire avancer les revendications communes et faire plier les résistances face aux anciennes puissances coloniales et aux acteurs internationaux concernés.
Au-delà de la reconnaissance symbolique des préjudices, le sommet d’Accra a élargi le spectre des revendications à des dossiers logistiques majeurs. Plusieurs intervenants ont plaidé pour l’ouverture d’un dialogue structuré portant non seulement sur les réparations, mais aussi sur la restitution des biens culturels africains, la préservation des lieux de mémoire et la transmission rigoureuse de l’histoire aux générations futures.
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de juin 2026, le positionnement de la République du Congo au sommet d’Accra est capital car la question des réparations n’est plus cantonnée à un débat mémoriel ou académique, mais s’impose désormais comme un levier géopolitique et de soft power majeur pour le continent africain. Adosser cette démarche à la récente résolution de l’ONU démontre que l’Afrique sait utiliser les tribunes multilatérales pour solder les comptes de l’histoire.
Bâtir un front uni sur les réparations et la restitution culturelle est un enjeu de dignité nationale, de souveraineté et de cohésion sociale absolu pour le Congo et ses pairs. En refusant de limiter le débat à une quête de dédommagements financiers pour privilégier la justice morale et la réhabilitation historique, Brazzaville élève le débat et prive les anciennes puissances coloniales de l’argument du chantage économique. C’est le signal fort d’un continent en pleine renaissance qui exige le respect de son passé pour mieux dicter les règles de son avenir économique et culturel.
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Le réveil du géant mémoriel africain : Vers un grand procès historique des empires coloniaux ?
La clôture du sommet d’Accra insuffle une immense vague de fierté républicaine et d’espoir à travers tout le continent, touchant au cœur des millions d’Africains et de membres de la diaspora dont l’identité porte encore les stigmates de ces tragédies séculaires. Voir le Congo s’ériger courageusement en bouclier de la dignité noire sur les ondes internationales prouve que l’Afrique de 2026 ne courbe plus l’échine et assume pleinement son héritage. La ferveur observée autour de la restitution de nos chefs-d’œuvre spoliés rappelle que la culture est l’âme d’un peuple, et que sa reconquête est indispensable à notre émancipation totale.
Cependant, face à l’inertie persistante des capitales occidentales, l’Union africaine parviendra-t-elle à transformer la déclaration d’Accra en un traité contraignant capable de forcer l’ouverture de négociations officielles d’ici la fin de l’année 2026 ? Les revendications communes de l’Afrique sauront-elles résister aux tentatives de division bilatérale menées par les anciens empires ? Le débat est brûlant, l’émotion mémorielle est à son paroxysme, et la projection de l’Afrique vers un statut de puissance souveraine, fière et réhabilitée est désormais une marche irréversible.



