Éducation numérique : 200 tablettes de codage pour les écoles pilotes du projet UNESCO-Codemao
Deux cents tablettes de codage graphique de marque OPPO ont été remises le 19 février à Brazzaville aux responsables des écoles pilotes du projet « Initiative de codage jeunesse » UNESCO-Codemao. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean Luc Mouthou, et de la représentante de l’UNESCO au Congo, Fatoumata Barry Marega.
Un programme international lancé en 2021
L’initiative de codage jeunesse UNESCO-Codemao a été lancée en 2021 conjointement par l’UNESCO et Codemao, la plus grande plateforme chinoise d’enseignement en ligne du codage pour enfants, basée à Shenzhen. Le programme est déployé dans six pays : Congo, Kenya, Namibie, Côte d’Ivoire, Thaïlande et Chine. Le bureau UNESCO de Brazzaville est l’un des quatre bureaux de terrain pilotes.
Le projet comporte trois composantes : la formation aux compétences numériques (codage et intelligence artificielle), la mise en place de réseaux d’éducation au codage, et la sensibilisation à l’autonomisation numérique. En première phase (2021-2023), 99 enseignants, dont 45 % de femmes, ont été formés dans les quatre pays initiaux (Congo, Kenya, Namibie, Thaïlande). Ces enseignants sont ensuite devenus formateurs pour leurs pairs et leurs élèves.
La deuxième phase, lancée en 2024, a élargi le programme à la Côte d’Ivoire et à la Chine. Deux voyages d’études à Shenzhen ont été organisés — en juillet 2024 et en 2025 — au cours desquels élèves et enseignants congolais ont visité le siège de Codemao, participé à des compétitions de codage certifiantes et échangé avec leurs homologues chinois. Le ministre Mouthou a d’ailleurs salué ces deux voyages d’immersion lors de la cérémonie.
Les tablettes : un don OPPO dans le cadre d’un engagement de 1 000 unités
Les 200 tablettes remises aux écoles pilotes congolaises sont de marque OPPO. Elles font partie d’un don global de 1 000 tablettes qu’OPPO s’est engagé à distribuer dans l’ensemble des pays du programme. En décembre 2025, 200 tablettes avaient déjà été remises à deux écoles pilotes en Thaïlande.
Cinq élèves ont par ailleurs reçu des tablettes individuelles et des certificats de reconnaissance en tant qu’« ambassadeurs de l’intelligence artificielle » — un rôle qui consiste à relayer les compétences acquises auprès de leurs camarades dans leurs établissements respectifs.
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Connectivité : le défi structurel
Le ministre Mouthou a souligné que les tablettes « ne constituent pas une finalité en soi » mais des « leviers au service de la pédagogie renouvelée ». La représentante de l’UNESCO, Fatoumata Barry Marega, a insisté sur l’équité éducative et le droit de chaque élève à « comprendre le monde contemporain et y participer pleinement ».
L’article source mentionne un indicateur qui mérite d’être explicité : le Congo affiche un score de 34,4 sur 100 en connectivité à l’internet mobile haut débit, selon le GSMA (Système mondial de communications mobiles). Ce chiffre place le pays parmi les moins connectés du continent. À titre de comparaison, le Kenya, autre pays du programme, affiche un score supérieur à 50.
Cet écart pose une question pratique. Les tablettes distribuées fonctionnent avec l’application de codage graphique de Codemao, qui nécessite un environnement connecté pour certaines fonctionnalités. Le programme ne précise pas si les écoles pilotes disposent d’un accès internet stable, ni si une solution hors ligne est prévue. La formation des enseignants et les voyages d’études à Shenzhen constituent un investissement pédagogique réel. Mais la valeur des tablettes dépendra, comme l’a dit le ministre lui-même, de « l’usage pédagogique pertinent, structuré et innovant » qui en sera fait — et cet usage suppose une infrastructure que le Congo ne possède pas encore à grande échelle.



