Réunissant des experts de dix-huit pays africains et des chercheurs russes, la deuxième conférence internationale consacrée aux maladies infectieuses s’est ouverte à Brazzaville en ce mois d’avril 2026.
Ce sommet stratégique vise à mutualiser les expertises pour contrer la progression préoccupante des pathologies virales et bactériennes sur le continent, tout en renforçant la surveillance épidémiologique globale.
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Le déséquilibre environnemental au cœur des nouvelles infections
Le Professeur Donatien Moukassa, directeur de cabinet du ministre de la Santé, a rappelé que la recrudescence des infections ne peut être dissociée des activités humaines. La déforestation et les cultures sur brûlis perturbent gravement les écosystèmes, favorisant ainsi le passage des agents pathogènes de l’animal à l’homme. Pour répondre à ce défi, la conférence prône l’approche « Une seule santé », un modèle qui intègre de manière indissociable la santé humaine, la protection animale et la préservation de l’environnement.
Cette vision globale est désormais le pivot de la riposte sanitaire en Afrique. En comprenant mieux comment les déséquilibres écologiques génèrent des épidémies, les experts espèrent anticiper les futures crises au lieu de simplement les subir. La coopération avec la Russie apporte ici un soutien technique précieux, notamment dans le cadre des recommandations issues des sommets de Saint-Pétersbourg.
Surveillance et recherche : le rempart de Pointe-Noire
Au niveau national, la République du Congo s’appuie sur des institutions de pointe pour assurer la veille sanitaire. Le docteur Loubano Vumbi Gislain a souligné l’importance de l’Institut national de Biologie de Pointe-Noire dans la surveillance biologique et la formation des agents de santé. Malgré la pression des maladies émergentes, le pays affiche des résultats encourageants, avec l’éradication de la poliomyélite et une baisse marquée des cas de tuberculose grâce à des programmes de lutte structurés et efficaces.
Le défi mondial de la résistance aux traitements
L’un des enjeux majeurs abordés lors de cette rencontre est la résistance antimicrobienne, un phénomène qui rend certains antibiotiques inefficaces face aux infections courantes. Un projet de recherche ambitieux est actuellement mené au Congo pour établir le profil de ces résistances. Identifier les micro-organismes résistants est une priorité absolue, car ce fléau constitue l’une des menaces les plus graves pour la santé publique en Afrique. Cette coopération russo-africaine permet ainsi d’accélérer le partage de données génomiques indispensables pour adapter les traitements et sauver des vies.



