Le 21 avril 2026, la direction nationale de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a officiellement ouvert à Brazzaville l’opération de collecte des données pour l’élaboration de la balance des paiements trimestriels de l’année en cours. Sous la direction de Serge Dino Daniel Ngassakys, une cinquantaine d’experts issus des administrations publiques, des banques et des grandes entreprises se sont réunis pour entamer ce processus méticuleux de recensement des échanges extérieurs du pays.
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Un baromètre indispensable pour mesurer la vitalité des échanges extérieurs
La balance des paiements n’est pas qu’une simple formalité administrative ; elle constitue le véritable carnet de santé des relations économiques du Congo avec le reste du monde. Comme l’a précisé Sylvie Loubaki Mansiamina, cadre à la BEAC, cet état statistique résume l’intégralité des transactions entre les résidents et les non-résidents. Elle se structure autour de plusieurs piliers fondamentaux : le compte des biens et services, qui retrace les exportations et importations, le compte du revenu primaire et secondaire, ainsi que les comptes de capital et financier qui enregistrent les flux d’investissements et les mouvements de capitaux.
Cet outil permet de quantifier, secteur par secteur et produit par produit, la richesse que le Congo parvient à capter sur le marché international. En analysant ces données, la BEAC et le gouvernement peuvent obtenir une photographie fidèle de la compétitivité des produits congolais et de la dépendance du pays vis-à-vis des importations, un élément clé pour orienter les futures politiques commerciales.
Un instrument de pilotage stratégique pour l’État et les investisseurs
Pour Serge Dino Daniel Ngassakys, le directeur national de la BEAC, la balance des paiements est le centre nerveux de l’analyse et du pilotage de l’économie. La qualité de ces statistiques est le garant de la crédibilité du Congo sur la scène mondiale. Des données fiables et régulières permettent aux pouvoirs publics de concevoir des politiques économiques ajustées aux réalités du marché, tout en offrant aux institutions financières les outils nécessaires pour apprécier les équilibres extérieurs.
Au-delà de la sphère publique, ces statistiques sont scrutées de près par les investisseurs privés. Une balance des paiements bien tenue et transparente réduit l’incertitude et oriente les décisions d’investissement massif dans le pays. Surtout, elle conditionne la qualité des relations avec les partenaires techniques et financiers, au premier rang desquels le Fonds monétaire international (FMI), pour qui la rigueur statistique est un préalable indispensable à tout accompagnement financier structurant.
Les défis de la collecte : entre succès passé et vigilance actuelle
Si l’année 2024 a été marquée par une performance exceptionnelle avec un taux de collecte de 98% auprès des 136 déclarants de l’échantillon, la situation actuelle pour l’exercice 2025 appelle à une mobilisation immédiate. Le directeur national a en effet tiré la sonnette d’alarme : le taux de collecte pour l’année écoulée ne s’élève pour l’instant qu’à 41,81%. Ce retard interpelle collectivement les administrations et les entreprises, car une défaillance dans la transmission des données pourrait altérer la visibilité économique du pays.
L’enjeu de l’atelier lancé à Brazzaville est donc de restaurer cette dynamique de conformité. Les techniciens présents sont appelés à une vigilance accrue pour s’assurer que chaque transaction soit correctement répertoriée. La fiabilité de la signature économique du Congo en dépend, car dans un environnement financier globalisé, la confiance des partenaires se gagne d’abord par la précision des chiffres et la transparence des comptes extérieurs.
