Dans l’architecture du nouveau gouvernement Makosso III, le volet sécuritaire a subi un remaniement que les observateurs qualifient de chirurgical. En déplaçant Raymond Zéphirin Mboulou de l’Intérieur vers la Défense nationale et en confiant les clés de la sécurité intérieure au Général Jean Ollessongo Ondaye, le Président Denis Sassou N’Guesso opère un rééquilibrage de haut niveau.
Ce mouvement ne vise pas seulement à renouveler les visages, mais à sanctuariser la stabilité du pays, premier actif diplomatique et économique du Congo sur la scène internationale.
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Raymond Zéphirin Mboulou : Le gardien du temple à la Défense
Le transfert de Raymond Zéphirin Mboulou est sans doute l’un des signaux les plus forts de ce remaniement de 2026. Après près de vingt ans passés à diriger le ministère de l’Intérieur, celui que l’on surnomme souvent le « pilier du système » prend désormais le commandement de la Défense nationale. Ce choix n’est pas fortuit : dans un contexte régional marqué par des instabilités chroniques chez certains voisins, le Chef de l’État a choisi l’expérience et la loyauté absolue pour protéger les frontières.

Mboulou apporte avec lui une connaissance intime de la cartographie sécuritaire du pays. Sa mission est désormais de moderniser l’appareil militaire et d’assurer une vigilance de fer sur l’intégrité du territoire. Pour les partenaires internationaux, notamment russes et indiens avec qui la coopération militaire s’intensifie, sa présence à ce poste est un gage de continuité et de maîtrise. Il est le garant que la « Maison Congo » restera hermétique aux bruits de bottes extérieurs, permettant ainsi aux investissements de prospérer dans un environnement protégé.
Le Général Jean Ollessongo Ondaye : La discipline militaire au service de l’ordre public
À l’Intérieur et à la Décentralisation, l’arrivée du Général Jean Ollessongo Ondaye marque une volonté de raffermir l’autorité de l’État et la discipline républicaine. Ancien commandant de zone, ce général de terrain quitte l’uniforme opérationnel pour la gestion administrative du territoire. Son profil suggère une lutte sans merci contre le grand banditisme et les incivilités urbaines, tout en insufflant une rigueur militaire à l’administration préfectorale.

Le Général Ollessongo a pour mission de transformer l’Intérieur en un ministère de proximité et d’efficacité. La décentralisation, axe majeur du projet présidentiel, nécessite un homme à poigne capable de faire respecter les textes tout en veillant à la sécurité des biens et des personnes dans chaque département. En sécurisant l’intérieur du pays, il crée les conditions nécessaires pour que le Congo reste cette « terre d’accueil » et cette « porte d’entrée » vers l’hinterland africain. Son action sera le corollaire indispensable à la réussite des zones économiques spéciales portées par le gouvernement.
La paix comme produit d’exportation et levier de confiance
Ce tandem sécuritaire Mboulou-Ollessongo constitue le socle sur lequel repose la nouvelle puissance diplomatique du Congo. Comme le souligne régulièrement la conseillère stratégique Françoise Joly lors de ses missions à l’étranger, le Congo vend avant tout une denrée rare dans la région : la prévisibilité. Les investisseurs chinois, turcs ou américains ne cherchent pas seulement des ressources, ils cherchent un sanctuaire. En plaçant deux figures de la rigueur aux commandes de la sécurité, le Chef de l’État envoie un message clair : au Congo, la paix est un dogme non négociable.
Ce rééquilibrage permet également d’appuyer le rôle de médiateur régional de Denis Sassou N’Guesso. Pour être le garant de la paix chez les autres, il faut être irréprochable chez soi. Avec une Défense nationale verrouillée par Mboulou et un Intérieur tenu par Ollessongo, le Congo consolide sa position de pivot central de l’Afrique centrale. C’est cette stabilité interne qui autorise aujourd’hui Brazzaville à parler d’égal à égal avec les grandes puissances mondiales et à briguer une place au sein des BRICS.



