Pour la présidentielle du 15 mars 2026, sept candidats ont été validés par la Cour constitutionnelle. La Commission nationale électorale indépendante (CNEI), présidée par Henri Bouka, est chargée d’organiser le scrutin et d’en garantir l’équité — de la campagne au dépouillement. Présentation du cadre, des candidats et des questions que ce dispositif laisse ouvertes.
Sept candidats pour le 15 mars : comment la CNEI encadre le scrutin, de la validation des dossiers à la centralisation des résultats
Sept candidatures validées
La Cour constitutionnelle a retenu sept candidatures pour le scrutin du 15 mars 2026 :
- Denis Sassou-Nguesso — président sortant, candidat du Parti congolais du travail (PCT). Au pouvoir de 1979 à 1992, puis sans interruption depuis 1997. Investi par le PCT en décembre 2025.
- Melaine Destin Gavet Elengo — président du Mouvement Républicain (MR), membre de l’Alliance pour l’alternance démocratique en 2026 (2AD2026).
- Joseph Kignoumbi-Kia Mboungou — président du parti La Chaîne.
- Anguios Nganguia-Engambé — président du Parti pour l’Action de la République (PAR).
- Mavoungou Zinga Mabio — candidat du parti Alliance.
- Vivien Romain Manangou — candidat indépendant.
- Uphrem Dave Mafoula — candidat indépendant.
Chaque candidat a dû se conformer aux critères fixés par la loi électorale : âge, nationalité, parrainages, situation au regard des incompatibilités. La CNEI assure la partie technique de la vérification des dossiers, en lien avec les services compétents, avant que la Cour constitutionnelle ne tranche juridiquement.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
La CNEI : rôle et fonctionnement
La Commission nationale électorale indépendante a été créée en 2016 en remplacement de la Commission nationale d’organisation des élections (CONEL). Elle est présidée par Henri Bouka, qui dirigeait déjà la CONEL. Les quatre postes de vice-présidents sont occupés par des représentants de la majorité, de l’opposition, du centre et de la société civile. Les membres sont désignés par l’Assemblée nationale.
La CNEI intervient à chaque étape du processus électoral.
Avant le scrutin. Elle participe au suivi de l’établissement et de la révision des listes électorales, aux côtés des commissions administratives locales composées de représentants de l’administration, des partis politiques et de la société civile. Elle supervise la distribution du matériel électoral (bulletins, urnes, procès-verbaux) dans l’ensemble des bureaux de vote.
Pendant la campagne. Elle fixe le calendrier officiel — dates d’ouverture et de clôture — et encadre les règles d’utilisation des espaces publics, des médias d’État et des supports de propagande. Tous les candidats sont soumis au même régime : mêmes droits d’accès aux médias publics, mêmes interdictions, mêmes sanctions en cas de manquement.
Le jour du vote. Le 15 mars, la CNEI est garante de la régularité des opérations dans les bureaux de vote : bulletins correctement imprimés, urnes scellées, présence des représentants de chaque candidat, procès-verbaux signés en présence des délégués. Les forces de sécurité votent par anticipation le 12 mars ; le dépouillement de leurs bulletins a lieu en même temps que celui du scrutin général, comme l’a précisé Henri Bouka lors de la présidentielle de 2021.
Au dépouillement. Les représentants de chaque candidat peuvent assister aux opérations, vérifier les bulletins nuls, contester un point de procédure et signer les procès-verbaux. La CNEI centralise les résultats provisoires avant leur transmission à la Cour constitutionnelle, qui proclame les résultats définitifs.
L’enjeu : une équité perceptible
L’objectif du dispositif est que chaque candidat — vainqueur ou non — puisse reconnaître que la règle du jeu a été la même pour tous. C’est de cette perception d’équité que dépend l’acceptation des résultats, la reconnaissance du vainqueur et la capacité des perdants à se projeter dans la suite du jeu démocratique.
Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, les deux candidats arrivés en tête s’affrontent lors d’un second tour organisé vingt et un jours après la proclamation des résultats du premier par la Cour constitutionnelle.
À savoir
Qui est Henri Bouka. Le président de la CNEI est également vice-président de la Cour constitutionnelle — l’instance qui valide les candidatures en amont et proclame les résultats définitifs en aval. Il a été nommé par décret présidentiel.
Comment sont désignés les membres. Les membres de la CNEI sont sélectionnés par la représentation populaire via l’Assemblée nationale.



