Menés au score et virtuellement éliminés, les Léopards de la RD Congo ont renversé l’Ouzbékistan (3-1) au terme d’une seconde période d’anthologie, décrochant la toute première qualification de leur histoire pour le tableau final d’une Coupe du monde.
Ce samedi 27 juin 2026, à Atlanta, la sélection nationale de la République démocratique du Congo a signé un exploit historique en renversant l’Ouzbékistan (3-1) lors de la troisième et dernière journée de la phase de poules du Mondial nord-américain. Dos au mur après un début de tournoi particulièrement laborieux dans le groupe K, les hommes de Sébastien Desabre ont su surmonter un scénario catastrophe en première mi-temps pour arracher une victoire éclatante grâce à un doublé de Yoane Wissa et un but salvateur de Fiston Mayele. Ce triomphe s’avère d’une importance capitale : en se qualifiant pour la toute première fois de leur histoire pour la phase à élimination directe d’une Coupe du monde — brisant une malédiction qui durait depuis leur unique participation sous l’ère du Zaïre en 1974 —, les Léopards s’offrent une place méritée parmi les meilleurs troisièmes et s’invitent à la table des géants pour défier l’Angleterre lors d’un choc de légende en seizièmes de finale.
Le cauchemar Shomurodov et la douche froide de la VAR à Atlanta
Les supporters congolais massés dans les tribunes d’Atlanta ont cru revivre leurs pires démons dès les premières secondes de la rencontre. Sur la toute première action du match, le capitaine ouzbek Eldor Shomurodov a fait trembler les filets de Lionel Mpasi, signant un but éclair heureusement annulé immédiatement par l’arbitre pour une position de hors-jeu. Ce premier avertissement gratuit n’a pourtant pas suffi à réveiller des Léopards en grande souffrance face au bloc compact et aux contre-attaques ultra-rapides de la sélection dirigée par Fabio Cannavaro.
À la 10e minute, l’inévitable Shomurodov a récidivé, et cette fois-ci en toute légalité : profitant d’un ballon idéalement dévié à l’entrée de la surface de réparation, l’attaquant ouzbek a déclenché une superbe frappe lobée qui a fini sa course dans le petit filet opposé d’un Mpasi totalement impuissant (0-1). Sonnés, les Congolais ont cru égaliser à la 17e minute grâce à un exploit de Nathanaël Mbuku. Mais l’arbitre, alerté par la VAR, a invalidé le but pour une main préalable au visage d’un défenseur ouzbek, scellant un premier acte d’une immense fébrilité pour le camp africain.

L’électrochoc de Sébastien Desabre et le festival offensif de Yoane Wissa
Face au spectre d’une élimination précoce pour ce grand retour mondial attendu depuis 52 ans, le sélectionneur Sébastien Desabre a manifestement trouvé les mots justes lors de la pause. Au retour des vestiaires, l’équipe menée par le capitaine Chancel Mbemba a affiché un visage conquérant, confisquant le ballon et imposant un pressing étouffant. Les vagues d’assauts se sont enchaînées, d’abord portées par une reprise puissante de Yoane Wissa (49e) puis par un coup de tête rageur de Fiston Mayele (57e), sans pour autant faire céder le gardien Nematov.
La délivrance a finalement pointé le bout de son nez à la 68e minute. Victime d’une semelle indiscutable dans la surface de réparation, Yoane Wissa a pris ses responsabilités en transformant le pénalty d’un sang-froid remarquable (1-1), relançant totalement l’espoir de tout un peuple. Boostés par cette égalisation, les Léopards ont maintenu la pression. À la 78e minute, Fiston Mayele a surgi au cœur de la défense ouzbecke pour couper la trajectoire du ballon et donner un avantage définitif aux siens (2-1). C’est ce même Yoane Wissa qui a parachevé ce chef-d’œuvre collectif à la 91e minute d’une frappe sèche et limpide, validant un doublé personnel et scellant un succès historique (3-1).
💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce week-end de juin 2026, la qualification historique de la RD Congo pour les seizièmes de finale est capitale car elle marque la fin de plus d’un demi-siècle de traversée du désert et de complexes sur l’échiquier mondial du football. Pour une nation qui n’avait plus goûté aux joies d’une Coupe du monde depuis 1974, ce triomphe à Atlanta arraché au courage efface des décennies de frustrations sportives et valide la méthode de reconstruction méthodique entamée par Sébastien Desabre.
S’inviter dans le tableau final en éliminant le bloc de Fabio Cannavaro est un enjeu de fierté nationale, de cohésion sociale et de souveraineté sportive absolue pour Kinshasa et ses 100 millions de supporters. En transformant une situation compromise en un festival offensif en seconde période, les Léopards prouvent qu’ils possèdent la résilience mentale des grandes équipes. C’est le signal fort qu’avant de défier l’Angleterre, la RD Congo ne se présente plus comme un simple invité surprise, mais comme un outsider redoutable capable de bousculer n’importe quelle puissance européenne grâce à la profondeur et au caractère de son effectif.
Le choc des mondes face aux Three Lions : Les Léopards peuvent-ils le faire ?
Ce denouement mémorable provoque une vague d’émotion pure et des scènes de liesse populaire indescriptibles de Kinshasa à Lubumbashi, où tout un peuple célèbre l’héroïsme de ses ambassadeurs. Voir le capitaine Chancel Mbemba s’effondrer de joie et Yoane Wissa communier avec les supporters rappelle la force unificatrice du football, capable d’illuminer tout un pays. La projection vers le seizième de finale face aux Three Lions d’Angleterre s’annonce d’ores et déjà comme l’un des chocs les plus captivants de ce mondial, offrant à cette génération une occasion en or d’entrer définitivement dans la légende.
Cependant, face à l’armada offensive des Anglais, la ligne défensive congolaise pourra-t-elle corriger la fébrilité affichée lors des premières minutes à Atlanta pour éviter une punition immédiate ? Sébastien Desabre doit-il reconduire la même animation offensive axée sur le duo Wissa-Mayele pour faire trembler les cadres de la Premier League dès le coup d’envoi ? Le débat tactique enflamme déjà tous les cercles sportifs, la ferveur populaire est à son paroxysme, et le rêve des Léopards dans ce Mondial 2026 promet encore de nous faire vibrer.
