L’horreur a frappé le centre du Nigeria lors d’une soirée qui aurait dû être celle de la ferveur religieuse. Ce dimanche 29 mars 2026, aux alentours de 20h30, un commando lourdement armé a ouvert le feu sur les clients d’un bar du quartier d’Angwan Rukuba, à la périphérie de Jos. Le bilan est effroyable : au moins 30 personnes ont perdu la vie dans cette taverne, transformant la célébration des Rameaux en une tragédie nationale. Ce carnage intervient dans une région déjà meurtrie par des cycles de violences intercommunautaires chroniques.
Une spirale de violence incontrôlable
L’attaque n’a pas seulement semé la mort dans l’établissement visé. Dans le chaos qui a suivi, la colère populaire a pris le pas sur le recueillement. Des émeutes ont éclaté, la foule tentant de traquer les assaillants pour rendre justice elle-même, entraînant le décès de trois individus supplémentaires. Face à cette situation explosive, le gouvernement de l’État de Plateau a décrété un couvre-feu de 48 heures dans la zone sinistrée. Malgré cette mesure d’exception, des dizaines d’habitants ont bravé l’interdiction pour manifester leur exaspération face à l’incapacité des autorités locales à garantir leur sécurité.
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Jos, une ville à l’arrêt et sous tension
Le traumatisme est tel que la vie sociale et éducative de la capitale provinciale est totalement paralysée. L’Université de Jos ainsi que plusieurs établissements scolaires environnants ont annoncé qu’ils resteraient fermés jusqu’à nouvel ordre. Ce sentiment d’insécurité est renforcé par la récurrence des drames : à peine deux semaines auparavant, le 14 mars, une autre attaque dans la même région avait déjà coûté la vie à 20 personnes, sur fond de vols de bétail et de tensions ethniques. Cette escalade suggère une dégradation profonde de l’autorité de l’État dans cette zone charnière du pays.
Un défi sécuritaire majeur pour Abuja
Ce nouveau massacre pose avec acuité la question de la stratégie de défense nationale du Nigeria. Les habitants d’Angwan Rukuba demandent désormais des actes concrets et non plus de simples condamnations de principe. Alors que le pays tente de stabiliser son économie et de renforcer sa cohésion, de tels événements viennent rappeler que la paix civile reste une quête fragile dans le centre du pays. La traque des « hommes non identifiés » responsables de cette tuerie est en cours, mais pour une population à bout de nerfs, la confiance envers les forces de l’ordre semble plus érodée que jamais.



