À mi-parcours de la campagne présidentielle, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, porte-parole du candidat Denis Sassou-Nguesso, a tenu une conférence de presse de deux heures à Brazzaville pour défendre le programme « L’accélération de la marche vers le développement » et dresser un premier bilan des étapes de terrain.
Le 4 mars à Brazzaville, au siège de la direction de campagne, Anatole Collinet Makosso, premier directeur national adjoint et porte-parole chargé des relations publiques du candidat Denis Sassou-Nguesso, a animé une conférence de presse consacrée au bilan à mi-parcours des premières étapes de la campagne électorale. L’exercice, qui a duré près de deux heures, a réuni les organes de la presse nationale et internationale accrédités en République du Congo ainsi que les porte-parole thématiques du candidat.
La conférence intervient après les étapes de Pointe-Noire, du Kouilou, du Niari, de la Lékoumou, de la Bouenza et du Pool, et avant la poursuite de la campagne dans les départements restants. Le scrutin est fixé aux 12 et 15 mars. La campagne s’achève le 13 mars à minuit.
Le programme en question
L’essentiel de la conférence a porté sur le projet de société du candidat, intitulé « L’accélération de la marche vers le développement ». Interrogé par le journaliste Valda Saint-Val, des Échos du Congo, sur les raisons d’un projet centré sur le développement, Anatole Collinet Makosso a répondu qu’il témoignait de « la constance de Denis Sassou-Nguesso » et s’inscrivait dans « la stricte continuité d’une gouvernance fondée sur la paix, la solidarité et la stabilité des institutions ».
Le porte-parole a présenté le programme comme une « réponse claire, structurée et sécurisante émanant des multiples attentes du peuple congolais ». Il a détaillé les déclinaisons territoriales du projet, assurant que « qu’il s’agisse des routes, de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrialisation, du numérique, des services sociaux, aucun territoire ne sera laissé en marge ». La majorité présidentielle, a-t-il expliqué, entend garantir un développement valorisant « les atouts spécifiques de chaque région afin de renforcer la cohésion territoriale et l’inclusion économique ».
Anatole Collinet Makosso a insisté sur le caractère opérationnel du programme. « Il ne s’agit pas de promesses abstraites, mais d’engagements mesurables, portés par une expérience éprouvée de la gestion de l’État », a-t-il déclaré, ajoutant que cette approche visait à « rassurer les partenaires économiques, les investisseurs et surtout les citoyens quant à la stabilité et à la prévisibilité de l’action publique ».
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Ce que contient le Carnet de route
Le programme « L’accélération de la marche vers le développement », publié en février 2026, s’articule autour de dix actions prioritaires pour le quinquennat 2026-2031. Parmi celles-ci figurent la mobilisation de ressources financières publiques additionnelles avec un objectif de 5 000 milliards de FCFA de recettes publiques annuelles, l’investissement dans le capital humain, la lutte contre les comportements déviants des agents de l’État, la redynamisation de l’économie nationale, la priorisation de l’agriculture et de l’industrie, la création d’emplois en plus grand nombre, le déploiement des infrastructures de base sur l’ensemble du territoire, la promotion de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, l’approfondissement des droits sociaux et la préservation de l’environnement.
Sur le volet énergétique, le programme prévoit de porter les capacités installées d’électricité à au moins 3 000 MW en fin de quinquennat et de doubler le réseau de lignes de transport et de distribution. Sur le plan fiscal, il préconise une réforme systémique de la fiscalité incluant le remplacement éventuel de la TVA par une nouvelle taxe et l’introduction d’un impôt forfaitaire unique à taux fixe applicable aux entreprises et au secteur informel..
L’appel à la jeunesse
Le porte-parole a consacré une part significative de ses interventions à la jeunesse, majoritaire dans la population congolaise. « Le développement accéléré implique l’engagement des nouvelles générations dans l’entrepreneuriat, l’innovation et la participation citoyenne. La jeunesse est ainsi invitée à devenir l’architecte et le moteur de cette nouvelle étape de transformation nationale », a déclaré Anatole Collinet Makosso.
Cette rhétorique fait écho aux promesses du Carnet de route en matière d’emploi des jeunes, un sujet central dans un pays où le taux de chômage des 18-35 ans atteint 41 % selon les données Afrobarometer 2024, et où seulement 5 % des jeunes interrogés jugent l’action gouvernementale performante en matière d’emploi.
La question de l’abstention
Interrogé sur le taux d’abstention, Anatole Collinet Makosso a reconnu s’en préoccuper « fortement » tout en relativisant le phénomène, le qualifiant d’« expression démocratique » à portée « planétaire ». Il a lancé un appel solennel à la participation : « Le droit de vote est un acte fondamental garanti par la Constitution, et un pilier de la démocratie. Chaque citoyen est donc invité à exercer ce droit avec responsabilité. »
Les données Afrobarometer (rounds 9 et 10, 2023-2024) indiquent que 41,6 % des répondants congolais déclaraient ne pas avoir voté lors des dernières élections. Les raisons avancées incluaient la non-inscription sur les listes électorales (13,1 %), le désintérêt pour la politique (12,1 %), le manque de temps (4,3 %) et l’absence de candidats ou de partis proches du peuple (4,7 %). D’autres motifs concernaient le manque de confiance dans le processus électoral, notamment envers les organes de gestion des élections.
L’environnement en conclusion
Pour la dernière question de la conférence, posée par une journaliste en lingala — l’une des deux langues nationales —, le porte-parole s’est référé à la section X du Carnet de route intitulée « Préserver un environnement sain pour la population ». Il a rappelé le rôle du chef de l’État dans l’initiative du Fonds bleu pour le bassin du Congo, un programme lancé en 2017 lors du sommet sur le climat à Oyo, qui vise à promouvoir le développement durable dans le deuxième massif forestier tropical de la planète.
La campagne du candidat Sassou-Nguesso se poursuit dans les départements non encore couverts. Les sept candidats validés par la Cour constitutionnelle le 20 février disposent de neuf jours avant la clôture officielle de la campagne, fixée au 13 mars à minuit.



