En marge de son meeting du 3 mars à Kinkala, le candidat Denis Sassou-Nguesso a tenu un échange avec des jeunes du département du Pool. L’occasion pour le président sortant, 82 ans, d’évoquer ses débuts politiques à 17 ans sous la colonisation et d’inviter la nouvelle génération à s’approprier son programme.
Après le grand meeting de campagne du 3 mars à Kinkala, chef-lieu du département du Pool, Denis Sassou-Nguesso a consacré un temps d’échange avec un groupe de jeunes issus de profils variés. Cette rencontre en marge de l’étape officielle a permis au candidat de la majorité présidentielle d’écouter les préoccupations d’une génération qui pèse démographiquement dans un pays où environ 70 % de la population active a moins de 35 ans.
Les jeunes présents ont exprimé leurs attentes concernant leur avenir — emploi, formation, perspectives économiques — dans un département qui porte encore les traces des conflits des années 1998-2005 et 2016-2017, et dont la reconstruction reste inachevée.
Un appel à s’approprier le programme
Le candidat a invité les jeunes à se référer au projet de société « L’accélération de la marche vers le développement », document de campagne publié en février 2026, en leur indiquant que chacun pourrait « amender, contribuer et se reconnaître par la suite, au moment de la réalisation du projet par le gouvernement durant le mandat 2026-2031 ». Cette formulation suggère une démarche participative, même si le document, dans sa version publiée, ne prévoit pas de mécanisme formel de consultation de la jeunesse dans l’élaboration des politiques publiques.
Le Carnet de route consacre en effet plusieurs passages à la jeunesse, notamment à travers la création d’emplois « en plus grand nombre », la priorisation de l’agriculture et de l’industrie, et la promotion de la recherche scientifique et de l’innovation technologique. Le programme reconnaît que l’élimination progressive du chômage de masse, en particulier celui des jeunes, figure parmi les résultats attendus du quinquennat.
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Souvenirs d’un engagement précoce
Le moment le plus personnel de l’échange a été le récit par Denis Sassou-Nguesso de ses propres débuts en politique. Le candidat a raconté s’être engagé dans l’action politique à l’âge de 17 ans, alors que le Congo était encore sous administration coloniale française. Il a évoqué la création de l’ASCO (Association scolaire au Congo), une organisation à vocation politique, et ses liens avec l’Association des étudiants congolais en France, elle-même connectée à la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), mouvement qui a joué un rôle dans les luttes anticoloniales du continent.
« Comme vous, nous avons aussi été jeunes, et notre génération avait très tôt pris conscience de l’avenir de notre pays », a déclaré le président sortant. Puis, s’adressant directement à ses interlocuteurs : « Aujourd’hui, je suis en train de voir que votre génération prend conscience de l’avenir de son pays. Cela me rassure et me fait penser que, grâce à la relève, notre pays a de beaux jours devant lui. »
Le candidat a conclu en saluant une jeunesse qui, selon lui, « n’est plus seulement une jeunesse qui se contente de danser ou de chanter, sans penser à l’avenir ». Il a ajouté : « À nos âges, on peut alors se dire que si nous disparaissons, le pays ne sera pas perdu. »
La question de la transmission
Cette mise en parallèle entre la jeunesse anticoloniale des années 1950 et celle de 2026 n’est pas sans résonance dans le contexte congolais. Denis Sassou-Nguesso, né en 1943, est au pouvoir depuis 1997 — après un premier mandat de 1979 à 1992 —, soit plus de quatre décennies cumulées à la tête de l’État. Il est, à 82 ans, le troisième plus ancien dirigeant en exercice en Afrique. La question de la relève générationnelle, qu’il a lui-même soulevée devant les jeunes de Kinkala, est l’un des enjeux de fond de la vie politique congolaise.
Le scrutin se tient dans neuf jours. Le vote anticipé des forces de l’ordre est fixé au 12 mars. Le vote général au 15 mars.



