Ce vendredi 13 mars, Brazzaville n’était plus seulement la capitale politique, elle était le cœur battant d’une nation en fête. Pour la clôture de la campagne présidentielle, le Boulevard Général Alfred Raoul s’est transformé en une mer de drapeaux, où des centaines de milliers de militants ont convergé pour ce que l’état-major du candidat appelle déjà « le coup de sifflet final ».
Une ambiance de « fête nationale » et d’engagement total
Dès les premières heures de la matinée, l’atmosphère rappelait celle des défilés du 15 août, l’aspect partisan en plus. Une vague DSN a déferlé sur le goudron historique, portée par une ferveur électrique. L’engagement n’était pas seulement politique, il était physique : des jeunes perchés sur des lampadaires, des femmes en uniformes de pagnes à l’effigie du candidat dansant sous une chaleur de plomb, et une forêt de drapeaux s’étendant à perte de vue.
La musique a joué un rôle moteur dans cette « ambiance de folie ». Les prestations de Gaddafi Santos et surtout de Jelle Gouti ont fait basculer le boulevard dans l’euphorie. Le titre phare, scandé en chœur par la foule, évoquait le « coup de sifflet » final, symbolisant la fin de la récréation et l’assurance d’une victoire dès le premier tour. L’entrée en scène de Pata Maestre a fini de transformer le meeting en un concert géant à ciel ouvert, où les slogans politiques se confondaient avec les refrains populaires.

La parole aux forces vives : Les piliers du soutien
Au-delà de la fête, la tribune a été le théâtre d’interventions structurées, chaque orateur venant sceller le pacte d’une catégorie sociale avec le candidat.
1. Vadim Mvouba : Le porte-voix d’une jeunesse ambitieuse Prenant la parole au nom de la jeunesse, Vadim Mvouba a présenté le vote pour Denis Sassou Nguesso comme « le choix de la raison ». Son intervention a été centrée sur l’éducation et la modernisation. Il a rappelé l’impact de l’Université de Liambou (Kintelé) et l’initiative « Terre d’école », visant à former une génération de citoyens écoresponsables. « La jeunesse portera le candidat numéro 1 », a-t-il martelé, insistant sur le fait que l’avenir se construit dans la continuité et non dans l’aventure.
2. Nefer Inès Vumbou : L’engagement des femmes pour la paix Représentant les femmes, Nefer Inès Vumbou a livré un plaidoyer vibrant pour la stabilité. Elle a souligné les avancées juridiques majeures du quinquennat, notamment la Loi Mouebara, véritable rempart contre les violences faites aux femmes. Elle a rappelé avec fierté que les femmes occupent désormais plus de la moitié des postes dans la fonction publique (51,48 %), affirmant que seul Denis Sassou Nguesso garantit la poursuite de cette émancipation dans un cadre pacifié.
3. Michel Ngonvouli : La sagesse au service de l’unité Au nom des sages et des notabilités traditionnelles, Michel Ngonvouli a apporté la caution morale et ancestrale. Il a salué la reconnaissance constitutionnelle du Conseil des Sages, voyant en Denis Sassou Nguesso le « garant de l’équilibre de la nation ». Pour lui, la paix retrouvée, notamment après l’éradication du grand banditisme dans les quartiers, est le cadeau le plus précieux fait aux familles congolaises.
4. Pierre Moussa : L’architecte de la victoire Le Directeur National de Campagne a clôturé cette série d’interventions en dressant le bilan d’une tournée ayant touché les 14 départements. Il a décrit un candidat « infatigable » et une population prête pour le « K.O. technique ». Son discours a agi comme une ultime consigne de mobilisation pour transformer la ferveur du boulevard en bulletins dans l’urne.
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Le candidat : L’ordre, l’industrie et la rigueur
Lorsque Denis Sassou Nguesso a pris la parole, le tumulte a fait place à une attention soutenue. Son discours a été celui d’un bâtisseur qui ne veut rien laisser au hasard.
Sécurité : Il a réitéré sa fermeté sur l’opération « Zéro Kuluna », affirmant que la tranquillité des citoyens est non négociable.
Économie : Il a promis l’accélération des Zones Économiques Spéciales (Maloukou et Pointe-Noire) pour créer des milliers d’emplois, et la relance du CFCO pour fluidifier l’économie.
Gouvernance : Le moment le plus fort a été son cri de guerre contre la corruption : « Honte aux voleurs, honte aux corrupteurs ». Il a promis une numérisation totale des régies financières pour qu’aucun franc de l’État ne s’égare.
La soirée s’est achevée comme elle avait commencé : dans une explosion de joie, au son du « Tombola » de Jelle Gouti, alors que le soleil déclinait sur un Boulevard Alfred Raoul qui semblait ne plus vouloir se vider. Le silence électoral peut désormais commencer ; Brazzaville a parlé.



