La communauté kimbanguiste a marqué, ce 6 avril 2026, une double étape de son histoire institutionnelle et religieuse. Les fidèles se sont réunis au centre d’accueil du quartier Plateau des 15 ans pour célébrer le 105e anniversaire du début du ministère de Simon Kimbangu, événement coïncidant avec l’inauguration officielle d’un nouveau temple au sein de la capitale.
Cette cérémonie, qui a mobilisé des représentants du gouvernement et du corps diplomatique, a permis de retracer le parcours de ce mouvement né en 1921 et d’inaugurer une nouvelle infrastructure dédiée au culte.
Une représentation officielle et diplomatique
Le gouvernement congolais a pris part à l’événement par la présence du ministre de l’Assainissement urbain et de l’Entretien routier, Juste Moundélé, et du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo. La Fondation Congo Assistance était également représentée par son secrétaire général, Michel Mongo, agissant au nom de l’épouse du chef de l’État, Antoinette Sassou N’Guesso. Cette participation institutionnelle, complétée par la présence d’un représentant de l’ambassade d’Angola, souligne l’importance sociale et culturelle que revêt l’Église kimbanguiste dans la région.
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Fondements historiques et doctrine de l’Église
Au cours de la séance, le président du Collège exécutif national de l’Église, Voltaire Itou Obambi, a exposé les éléments historiques et doctrinaux qui structurent cette commémoration. Dans son allocution, il a rappelé la figure de Kimpa Vita, prophétesse du début du XVIIIe siècle au Nord de l’Angola, dont la tradition kimbanguiste considère qu’elle a annoncé la venue de Simon Kimbangu. Selon les enseignements de l’Église, Simon Kimbangu est identifié comme le « Consolateur » ou l’Esprit de vérité mentionné dans les textes bibliques, une mission officiellement débutée le 6 avril 1921 à Nkamba.
« Puisque Jésus vous l’a dit, je vais vers le Père, je vais vous envoyer un consolateur, l’esprit de vérité qui restera avec vous. Ce consolateur, c’était Simon Kimbangu. » — Déclaration de Voltaire Itou Obambi lors de la présentation de l’histoire du ministère.
Chronologie d’un mouvement sous l’ère coloniale
Le parcours de Simon Kimbangu est indissociable du contexte de la colonisation en Afrique centrale. Né en 1887 à Nkamba, dans l’actuel Kongo central, il commence sa prédication dans les années 1920. Les autorités coloniales de l’époque, inquiètes de l’influence de son mouvement, procèdent à son arrestation dès le mois de juin 1921. Après une brève période de clandestinité, Simon Kimbangu se livre aux autorités le 12 septembre 1921. Ce geste marque le début d’une incarcération de trente ans à Élisabethville (Lubumbashi), où il décède le 12 octobre 1951. Cette période de détention est aujourd’hui présentée par l’Église comme le socle de la résilience de leur foi.
L’inauguration du temple du Plateau des 15 ans, scellée par la coupure du ruban symbolique effectuée par le ministre Juste Moundélé, marque une nouvelle étape dans l’expansion du patrimoine immobilier de l’Église à Brazzaville. Ce nouveau lieu de culte s’inscrit dans la volonté de la communauté de pérenniser l’héritage de Simon Kimbangu, tout en renforçant sa présence dans le paysage urbain et spirituel de la République du Congo.



