L’autorité de régulation tape du poing sur la table pour protéger les droits des consommateurs congolais. Ce mercredi 8 avril 2026, l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) a officiellement notifié une mise en demeure aux deux principaux opérateurs de téléphonie mobile du pays, MTN Congo et Airtel Congo.
Cette décision fait suite aux conclusions d’une vaste campagne d’audit technique menée en février dernier à travers vingt localités du territoire national. Le constat est sans appel : si des efforts sont visibles dans certaines zones, la qualité globale des réseaux reste largement insuffisante face aux exigences réglementaires et aux attentes des usagers.
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Une fracture numérique persistante entre le Nord et le Sud
L’audit mené par les équipes techniques de la Direction des réseaux a révélé des disparités territoriales préoccupantes. Dans la partie sud du pays, incluant le Kouilou, le Niari ou encore la Bouenza, les indicateurs de performance sur la 3G montrent une certaine stabilité, bien que les réseaux 2G accusent encore des faiblesses notables. La localité de Komono, dans la Lékoumou, se distingue d’ailleurs comme l’unique zone où les deux opérateurs respectent l’ensemble des seuils de qualité imposés. Cette relative réussite contraste violemment avec la situation observée dans les départements septentrionaux.Dans la zone Nord, englobant les Plateaux, la Cuvette et la Likouala, les réseaux sont passés en « zone rouge ». Les tests révèlent des défaillances critiques tant sur la voix que sur la navigation internet. À titre d’exemple, l’absence de couverture 4G dans plusieurs localités stratégiques par l’un des opérateurs et les débits anémiques observés à Sembé ou Bétou entravent sérieusement le développement économique local. Pour justifier ces scores médiocres, certains acteurs invoquent la fragilité du réseau central de fibre optique nationale, dont les interruptions fréquentes paralysent le transport des données vers les régions enclavées.
Un ultimatum de six mois pour une mise à niveau technique
La réunion de restitution des résultats n’a pas été qu’un simple exercice de constatation. La mise en demeure signifiée aux deux opérateurs est assortie d’un délai de rigueur de six mois pour corriger l’ensemble des anomalies détectées. Durant cette période, MTN et Airtel devront impérativement investir dans la densification de leur couverture et l’optimisation de leurs infrastructures techniques. Le régulateur a été clair : la prochaine campagne d’évaluation servira de juge de paix pour déterminer si les engagements de modernisation ont été tenus ou si des sanctions plus lourdes doivent être envisagées.
Rigueur administrative et enjeux de souveraineté technologique
Au-delà des performances pures, l’autorité de régulation a profité de cette tribune pour rappeler les règles de gouvernance qui encadrent le secteur. Toute modification de l’architecture des réseaux doit faire l’objet d’une déclaration préalable, et le déploiement de solutions alternatives, notamment satellitaires à titre expérimental, reste strictement soumis à l’autorisation expresse du régulateur. Cette fermeté administrative s’accompagne toutefois d’une note positive concernant l’itinérance nationale sur les grands axes routiers, désormais pleinement opérationnelle, preuve qu’une collaboration technique entre concurrents est possible pour le bien des abonnés.



