Le football africain traverse une zone de fortes turbulences alors que les instances dirigeantes font face à une crise de crédibilité sans précédent. En visite officielle au Sénégal ce mercredi 8 avril 2026, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Patrice Motsepe, a tenu à clarifier sa position concernant les soupçons de malversations qui pèsent sur l’organisation.
Face à la presse, le dirigeant sud-africain a affirmé qu’il « encouragerait » toute enquête sur la corruption au sein de son institution, répondant ainsi aux exigences de transparence formulées par le gouvernement sénégalais après le retrait houleux du titre de la CAN 2025 aux Lions de la Teranga.
Une diplomatie du sport mise à l’épreuve par le scandale de la finale
L’origine de cette tension remonte à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 disputée à Rabat le 18 janvier dernier. La décision du conseil d’appel de la CAF, annoncée le 17 mars, a provoqué une onde de choc en attribuant le trophée au Maroc après avoir jugé que le Sénégal avait déclaré forfait. Pour rappel, une partie de l’équipe sénégalaise avait quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé aux Marocains en fin de match. Si le match avait finalement repris après 17 minutes d’interruption, se soldant par une victoire sénégalaise aux tirs au but, le revirement administratif de la CAF a plongé le football continental dans le doute, entraînant même la démission du secrétaire général Veron Mosengo-Omba le 29 mars dernier.
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La tolérance zéro comme ligne de conduite institutionnelle
Patrice Motsepe, réélu pour un second mandat en mars 2025, a fermement affiché sa volonté de ne rien dissimuler. Comparant la corruption à un fléau plus dévastateur que les crises sanitaires mondiales, il a martelé qu’aucune complaisance ne serait tolérée sous sa présidence. En rencontrant le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, il a réitéré son engagement à collaborer pleinement avec toute autorité ou gouvernement souhaitant mener des investigations indépendantes. Pour le président de la CAF, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif : il s’agit de protéger l’image du football auprès de la jeunesse africaine et de garantir que le mérite sur le terrain ne soit jamais occulté par des manoeuvres de coulisses.
L’attente fébrile du verdict du Tribunal Arbitral du Sport
Bien que pressé de questions sur le fond du litige entre le Sénégal et le Maroc, Patrice Motsepe s’est refusé à tout commentaire risquant d’influencer la procédure en cours. L’affaire est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), l’instance suprême de la justice sportive mondiale. Le président de la CAF a insisté sur le fait que l’organisation mettrait en œuvre la décision du TAS, quelle qu’elle soit, dès qu’elle sera rendue. Dans cette attente, le dirigeant s’est rendu immédiatement au Maroc pour y rencontrer les officiels de la fédération et du gouvernement, soulignant que les tensions diplomatiques, incluant l’emprisonnement de supporters sénégalais après les incidents de la finale, sont traitées au plus haut niveau de l’État.



